L’imprudence flagrante du Premier ministre Ousmane Sonko, accusant à demi-mot l’ancien Président bissau-guinréen Embaló de manigances, est une gifle politique assénée au Président Diomaye Faye. Jamais un Premier ministre n’aurait dû se laisser aller à une telle sortie. Jamais. Pas quand le Président de la République a pris sur lui d’accueillir un hôte embarrassant, mais indispensable pour préserver une paix casamançaise encore suspendue à un fil.
En réalité, Sonko a lancé un message à peine voilé à Diomaye et à la CEDEAO : « Vous vous êtes fait avoir ». Une insinuation lourde, déplacée, presque injurieuse, surtout venant de celui qui occupe la tête du gouvernement. Un Premier ministre ne parle pas comme un militant exalté. Un Premier ministre ne se retranche pas derrière un « avis personnel » quand il sait pertinemment que sa parole engage la Nation. Faut-il vraiment lui rappeler qu’il est Premier ministre du Sénégal, et non chef de la “rue publique” ?
Le pays n’a que faire de ses humeurs, de ses susceptibilités ou de ses inspirations du moment. Une nation qui avance se défait de ses états d’âme, pas de sa cohérence diplomatique.
À cette bourde diplomatique s’ajoute une autre confusion devenue presque chronique : Sonko persiste à croire que justice et politique peuvent se marcher dessus. L’ancien Garde des Sceaux Ousmane Diagne l’avait pourtant averti plus d’une fois : la justice ne se plie ni aux impatiences ni aux volontés politiques, fussent-elles enveloppées de grands discours sur la reddition des comptes.
Sa déclaration sur l’affaire Mimi Touré: « J’ai fait ce que je devais faire, maintenant je m’en lave les mains » en dit long. Elle trahit une tentation dangereuse : celle d’influencer la justice tout en se dédouanant publiquement. Un Premier ministre ne devrait jamais s’aventurer dans ces zones grises. Cela donne un avant-goût amer de ce que pourrait être la suite.
On a retrouvé un Sonko sûr de lui, convaincu, mais prisonnier de ses effets de manche. Ses écarts verbaux ont brouillé un face-à-face pourtant attendu avec les députés, dans une Assemblée nationale transformée en salle d’applaudissements dociles. Triste spectacle pour un régime qui avait promis la rupture, la vraie.
MTG
En réalité, Sonko a lancé un message à peine voilé à Diomaye et à la CEDEAO : « Vous vous êtes fait avoir ». Une insinuation lourde, déplacée, presque injurieuse, surtout venant de celui qui occupe la tête du gouvernement. Un Premier ministre ne parle pas comme un militant exalté. Un Premier ministre ne se retranche pas derrière un « avis personnel » quand il sait pertinemment que sa parole engage la Nation. Faut-il vraiment lui rappeler qu’il est Premier ministre du Sénégal, et non chef de la “rue publique” ?
Le pays n’a que faire de ses humeurs, de ses susceptibilités ou de ses inspirations du moment. Une nation qui avance se défait de ses états d’âme, pas de sa cohérence diplomatique.
À cette bourde diplomatique s’ajoute une autre confusion devenue presque chronique : Sonko persiste à croire que justice et politique peuvent se marcher dessus. L’ancien Garde des Sceaux Ousmane Diagne l’avait pourtant averti plus d’une fois : la justice ne se plie ni aux impatiences ni aux volontés politiques, fussent-elles enveloppées de grands discours sur la reddition des comptes.
Sa déclaration sur l’affaire Mimi Touré: « J’ai fait ce que je devais faire, maintenant je m’en lave les mains » en dit long. Elle trahit une tentation dangereuse : celle d’influencer la justice tout en se dédouanant publiquement. Un Premier ministre ne devrait jamais s’aventurer dans ces zones grises. Cela donne un avant-goût amer de ce que pourrait être la suite.
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