Les forêts classés sont prises d'assaut pour leur bois précieux d'abord, mais aussi pour la qualité de leur sol propice à la culture du cacao, et parfois riche en minerais. Un désastre écologique visible facilement, le long de la route qui mène d'Abidjan à San Pedro par exemple : d'immenses troncs d'arbres calcinés, cernés par les champs. Plusieurs dizaines de milliers de planteurs se sont installés dans ces forêts, et même dans les parcs nationaux. Avec les années, ce sont des villes qui se sont développées avec leurs écoles et leurs dispensaires...
Georges Yao Koffi connaît bien le problème : il dénonce la complicité des autorités depuis 2004 - ce qui lui a valu d'être licencié de la Sodefor, l'organisme ivoirien en charge de la gestion des forêts. Il vient de publier un livre aux éditions l'Harmattan.
« Tout est parsemé de campements et de gros villages dans les forêts classées, au vu et au su des autorités. Parce qu'il y a même des autorités qui ont champ dans les forêts classées. Il faut déguerpir automatiquement, et financer le reboisement intensif. C'est plus que jamais une urgence. »
Le nouveau code forestier voté en 2014 prévoit d'être plus coercitif. Le gouvernement a promis d'organiser des déguerpissements : l'année dernière déjà la forêt de Niegré dans le sud-ouest a été évacuée de ses quelque 10 000 occupants, mais les humanitaires ont dénoncé des conditions brutales de l'opération.
Source : Rfi.fr
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