Une militante du parti néonazi grec Aube dorée, après son interpellation, le 3 octobre 2013 à Athènes. REUTERS/Yorgos Karahalis
Mieux vaut tard que jamais. Voilà le message qu'ont fait passer différents juristes grecs, jeudi 3 octobre. Mais s’ils ont salué l'ouverture d'une instruction judiciaire, ils se sont aussi étonnés de son caractère soudain, après des années d'inertie face aux violences d'Aube dorée.
«La justice, dans une certaine mesure, avait délibérément fermé les yeux. Et dans une certaine mesure elle avait choisi la voie facile, c'est-à-dire l'expression, à travers les décisions judiciaires, des sentiments xénophobes de l'opinion publique», rappelle Costis Papaïoannou, président de la Commission des droits de l'homme. «Mon sentiment est qu'il a fallu, finalement, un coup d'envoi du pouvoir politique pour que l'enquête soit ouverte.»
Une justice sous pression qui risque le dérapage procédural
Un coup d'envoi politique, décidé sous pression, qui révèle les dysfonctionnements de la justice grecque. Des avocats et des juristes ont donc mis en garde les autorités. Ils en appellent au sang-froid et à la prudence.
→ A (re)lire: Aube dorée va-t-elle disparaître?
L'empressement affiché ces derniers jours pourrait s'avérer contre-productif, comme l'explique le professeur de Droit, Dimitris Christopoulos : «Si on ne fait rien pendant dix ans et que l’on décide, en trois jours, de réagir de la façon que l’on a vu hier ou avant-hier, peut-être que l’on aura des problèmes. On aura des problèmes de violations de principes constitutionnels, et on aura des problèmes de violations d'ordre procédural, qui peuvent nous amener dans des situations vraiment très difficiles... »
Des situations dont pourrait profiter Aube dorée. La Ligue hellénique des droits de l'homme l'a souligné. Dans cette affaire, la justice grecque n'a pas droit à l'erreur.
→ A (ré)écouter: le Grand Reportage «Les faubourgs du Pirée sous la menace néonazie des militants d’Aube dorée»
Source : Rfi.fr
«La justice, dans une certaine mesure, avait délibérément fermé les yeux. Et dans une certaine mesure elle avait choisi la voie facile, c'est-à-dire l'expression, à travers les décisions judiciaires, des sentiments xénophobes de l'opinion publique», rappelle Costis Papaïoannou, président de la Commission des droits de l'homme. «Mon sentiment est qu'il a fallu, finalement, un coup d'envoi du pouvoir politique pour que l'enquête soit ouverte.»
Une justice sous pression qui risque le dérapage procédural
Un coup d'envoi politique, décidé sous pression, qui révèle les dysfonctionnements de la justice grecque. Des avocats et des juristes ont donc mis en garde les autorités. Ils en appellent au sang-froid et à la prudence.
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L'empressement affiché ces derniers jours pourrait s'avérer contre-productif, comme l'explique le professeur de Droit, Dimitris Christopoulos : «Si on ne fait rien pendant dix ans et que l’on décide, en trois jours, de réagir de la façon que l’on a vu hier ou avant-hier, peut-être que l’on aura des problèmes. On aura des problèmes de violations de principes constitutionnels, et on aura des problèmes de violations d'ordre procédural, qui peuvent nous amener dans des situations vraiment très difficiles... »
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Source : Rfi.fr
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