Avec ses façades blanches qui se reflètent dans l’océan Indien, la cité portuaire de Moukalla, dans le sud du Yémen, est devenue la première ville à tomber dans le giron d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA), mi-avril. L’organisation djihadiste et son auxiliaire, Ansar Al-Charia, aidées par les tribus sunnites locales, se sont emparées sans résistance du chef-lieu de la province du Hadramaout, ainsi que de son terminal pétrolier, son aéroport et sa base militaire. Le chaos, né des combats engendrés par la progression des rebelles houthistes vers le sud et de l’intervention de la coalition arabe sous bannière saoudienne, favorise l’expansion djihadiste.
Moukalla est passée de facto sous l’autorité d’un conseil local de 51 membres, dont AQPA a négocié la formation avec la confédération tribale du Hadramaout, a indiqué un politicien local, Ali Al-Kathiri, à l’agence Associated Press. Ce conseil gère les affaires civiles et sécuritaires, tandis que les djihadistes gardent le contrôle des points névralgiques et un droit de regard sur l’application de la loi islamique, la charia. Le conseil a négocié la reddition des commandants de la base de Moukalla, restés fidèles au président Abd Rabo Mansour Hadi, réfugié à Riyad depuis le 26 mars.
Les désertions se multiplient
« Le groupe djihadiste ne veut pas trop apparaître dans la gestion de la ville pour éviter la stigmatisation et la formation d’une coalition pour le déloger », indique Dominique Thomas, spécialiste des mouvements djihadistes. En 2012, AQPA avait échoué à garder le contrôle...
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