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Christine Lagarde quitte la présidence du FMI : quel bilan pour l’Afrique ?

Proposée pour la présidence de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde a cessé de diriger le Fonds monétaire international (FMI). Durant ses huit années passées à la tête de l'institution, elle a sillonné l’Afrique et contribué à adoucir l’image de « Père Fouettard » du Fonds



Christine Lagarde quitte la présidence du FMI : quel bilan pour l’Afrique ?
À son arrivée à la tête du FMI, Christine Lagarde a tenté de substituer une image empathique à la réputation d’institution brutale que celui-ci traîne depuis les années noires 1990-2000, des douloureux « ajustements structurels ».

Pas toujours avec succès. Quant à son rapport avec le continent, pour bien des membres du personnel du Fonds, sa priorité n’était pas l’Afrique, mais l’Europe qui, la crise grecque aidant, était le patient malade de la planète. Elle se souciait aussi beaucoup de la Chine dont la formidable émergence pouvait déstabiliser le multilatéralisme si on ne lui faisait pas une place au centre du jeu mondial. Plaidoyer permanent en faveur des femmes africaines De la Tunisie au Mozambique et du Sénégal au Kenya, elle est allée répétant que l’Afrique était formidable, qu’elle croissait aussi vite que la Chine, qu’elle avait des potentialités pour devenir un acteur essentiel de l’économie mondiale.

Mais à condition de surveiller ses déficits et sa dette, de mieux collecter ses impôts, de lutter contre la corruption et de diversifier une économie encore trop centrée sur l’exportation de matières premières brutes aux cours fluctuants. Un discours classique tenu devant des auditoires africains équitablement anglophones et francophones, même si la grande majorité des programmes de soutien du FMI concerne des pays francophones.

L’originalité de Christine Lagarde n’est pas tant dans le rajout en faveur de la lutte pour le développement durable et contre le réchauffement climatique qu’elle a fait dans ses discours, mais dans son plaidoyer permanent en faveur des femmes africaines.

Dans une interview à Jeune Afrique en février 2017, elle expliquait cette préférence : « C’est un combat personnel et une question de morale, mais pas seulement. Il a été démontré que le fait que les femmes soient moins éduquées, moins financiarisées et écartée de la vie économique est inhibant pour le développement (..) Pourquoi continuer à écarter la moitié de l’humanité et se priver ainsi de la possibilité d’augmenter notre gâteau commun ? » Visage humain et coupes budgétaires Plutôt portée sur les questions sociales qui ne font pourtant pas partie des missions du FMI, elle s’est pourtant fortement investie dans la crise de la CEMAC au bord de la catastrophe fin 2016 et menacée d’une dévaluation de son franc CFA. Elle a secoué les six gouvernements concernés pour qu’ils soient solidaires et courageux face à la dégradation de leurs comptes due à la chute des cours de leurs matières premières d’exportation. Malgré pas mal d’atermoiements, le redressement est en cours.

JeuneAfrique

Samedi 6 Juillet 2019 - 11:06



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