Connectez-vous S'inscrire
PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)


PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)



Cisjordanie occupée: des fonds européens impliqués dans le financement d’entreprises israéliennes

Un rapport indique que plus de 600 banques et fonds d’investissements européens sont impliqués dans le financement d’entreprises liées aux colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, sur ces trois dernières années.



Les cinquante entreprises que ces institutions ont financées sont israéliennes (des stations-service, des opérateurs de télécom, des banques) mais aussi américaines ou européennes, comme Airbnb, Volvo ou encore Siemens. La plupart faisaient déjà partie de la base de données sur les entreprises opérant dans les colonies, publiée en 2020 par l’ONU.

En tout, 672 institutions financières européennes sont concernées. Elles sont citées façon « name and shame » dans le nouveau rapport intitulé « Don’t Buy Into Occupation », publié par une coalition de vingt-six ONG. Dans le top trois, l’on retrouve la banque française BNP Paribas, la Deutsche Bank en Allemagne, et HSBC au Royaume-Uni. Toutes, entre 2018 et 2021, ont fourni plus de 114 milliards de dollars, sous forme de prêts et souscriptions, à des entreprises impliquées dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée.

Des fonds d’investissements sont également concernés : un fonds souverain norvégien, un fonds suédois privé Investor AB ou encore le groupe français Banque Populaire-Caisse d’Épargne au titre de participations et d’obligations.

« Tout cela est illégal, et immoral », dénoncent les vingt-six ONG à l'origine du rapport. Michael Lynk, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens, qui a préfacé le document, précise qu’« investir dans ces entreprises, c’est donner de l’oxygène économique et une légitimation politique aux colonies ».

« Un système à deux vitesses »
Ces entreprises dans lesquelles les banques investissent, peu importe leur activité, opèrent dans les colonies israéliennes, sur des terres qui ont été volées ou confisquées aux Palestiniens. Elles bénéficient donc de ressources, d’infrastructures, de services systématiquement refusés aux Palestiniens et donc « d’un système à deux vitesses », explique Omar Shakir, de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Right Watch.

Il faut aussi savoir que les Palestiniens ne peuvent pas entrer dans ces colonies. Souvent, ceux qui vivent autour n’ont pas d’accès à l’eau, à leurs terres et subissent la violence des colons.
Lorsque l’on parle de colonies israéliennes, on ne parle pas de petits villages ou de trois ou quatre maisons, ce sont des villes parfois construites avec des universités et des centres commerciaux. C’est « toute une entreprise de colonisation », précise le rapport.

Se désengager de ses activités
Toutes ces banques, ces fonds d’investissement, tous ceux qui sont cités dans le rapport sont plus ou moins actifs, alors parfois, ils peuvent financer ces entreprises sans savoir qu’elles ont une activité dans les colonies israéliennes illégales. Mais cela veut dire qu’ils ne font pas leur devoir de vigilance. La coalition d’ONG les encourage à le faire pour éviter d’être complices de violation du droit international.

La coalition d’ONG recommande aussi de se désengager de ces activités sans attendre. « Ce n’est pas si compliqué, et ça a déjà été fait », explique Willem Staes, coordinateur de la coalition qui a dirigé le rapport.

En juillet dernier, une société de retraite norvégienne avait annoncé arrêter de financer seize entreprises qui étaient impliquées dans la colonisation israélienne.

Rfi

Vendredi 1 Octobre 2021 - 11:33


div id="taboola-below-article-thumbnails">

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter