Conclusions de la CENA sur les législatives: entre dysfonctionnements, colère et déception des citoyens...



Conclusions de la CENA sur les législatives: entre dysfonctionnements, colère et déception des citoyens...
Dans son rapport sur les élections législatives du 30 juillet 2017, la CENA (Commission Electorale Nationale Autonome) signale « des dysfonctionnements de diverses natures dans l’organisation qui ont parfois empêché des citoyens d’exercer leur devoir civique ».

Il s’agit notamment des situations liées à des difficultés d’application de la Décision n°8/2017 du 26 juillet 2017 du Conseil constitutionnel qui dispose en son article premier : « À titre exceptionnel, pour les élections législatives prévues le 30 juillet 2017, l’électeur n’ayant pu retirer sa carte d’identité CEDEAO faisant office de carte d’électeur, mais dont l’inscription sur les listes électorales est vérifiée, peut voter sur présentation de son récépissé d’inscription accompagné de l’un des documents ci-après dès lors que celui-ci permet de s’assurer de son identité : - une carte d’identité nationale numérisée, - une carte d’électeur numérisée, - un passeport, - un document d’immatriculation pour les primo-inscrits non détenteurs d’un des trois premiers documents administratifs ».  
 
Concernant les détenteurs des trois (3) premiers documents (carte d’identité numérisée, carte d’électeur numérisée, passeport), nombre d’entre eux ignoraient l’emplacement de leur lieu de vote ou de leur bureau de vote. S’agissant des primo-inscrits, il faut noter que la confection du document d’immatriculation a été stoppée la veille du scrutin sur instruction de la hiérarchie du ministère. Du reste, la quasi-totalité de ces primo-inscrits ne figuraient pas sur les listes d’émargement des bureaux de vote, notent Doudou Ndir et Cie.
 
Du coup, nombre d’électeurs munis de leurs cartes d’identité biométriques CEDEAO ne figurent pas sur les listes d’émargement des bureaux de vote. Certains électeurs détenteurs de cartes d’identité biométriques de la CEDEAO ne figurent pas sur les listes d’émargement des bureaux de vote indiqués sur leurs cartes; ils ont été versés parfois sur une liste d’un autre bureau de vote. Nombre de bureaux de vote n’ont pas pu démarrer à temps, faute de matériel.

Les abris provisoires détruits par la forte pluie enregistrée dans la nuit du 29 juillet ont retardé le démarrage du vote. Des manifestations ont été notées et des bureaux de vote saccagés dans la commune de Touba-Mosquée, 95 bureaux de vote à l’Université Darou Khoudoss, 2 32 bureaux de vote à l’Université Darou Khoudoss, 20 bureaux de vote à l’Université Touba Madiyana, 22 bureaux de vote à Darou Minam, 29 bureaux de vote à Darou Minam, 30 bureaux de vote  au BLVD Tindody X ROC Est, et 12 bureaux de vote Alia. Soit au total deux cent vingt (220) bureaux de vote saccagés.

En Côte d’Ivoire, dix-neuf (19) bureaux de vote n’ont pas fonctionné en raison de l’absence de bulletins de vote, ce qui a occasionné la colère des électeurs. Les communes concernées sont Treichville (5 bureaux de vote), Adjamé (7 bureaux de vote), Koumassi (3 bureaux de vote), Marcory (3 bureaux de vote), Yopougon (1 bureau de vote).

Sur la campagne électorale, la CENA note son bon déroulement, tout en regrettant certains incidents violents qui l’ont émaillée ici et là. Au sujet de la distribution des cartes d’électeur, la CENA est particulièrement préoccupée par le faible taux de retrait enregistré à la date du 24 juillet 2017.

À côté des retards dans l’installation du matériel et des documents électoraux, le rapport a noté le manque, voire l’absence totale de bulletins de certaines coalitions dans des bureaux de vote tant au plan national qu’à l’extérieur.

Au plan national, dans de nombreuses localités, les pluies de la veille du scrutin n’ont pas permis de démarrer le vote dans les meilleures conditions. Ainsi, dans le département de Pikine, la mise en place du matériel, la veille, n’a pas été effective dans tous les bureaux de vote. C’est le lendemain, jour du scrutin, que ce retard a été comblé.

A Kébémer, la CEDA n’a pas été impliquée dans la réception du matériel électoral. De même, il a été relevé un manque de bulletins de certaines coalitions dans des bureaux de vote, à savoir : Bureau de vote 1 Mbenguène Ouolof – bulletins Liste indépendante ; Bureau de vote 1 Touba Roff – Bulletins PUR.

Sur les cartes d’électeurs biométriques, la CENA relève l’espoir sera déçu chez de nombreux citoyens, qui ne sont parvenus à obtenir à temps le document tant convoité. « En effet, si l’idée de coupler la CNI à la carte d’électeur en perspective des législatives était généreuse, le temps imparti pour sa réalisation posait problème à cause des délais fixés par le calendrier électoral », lit-on dans le rapport. 


Mercredi 13 Décembre 2017 - 13:42



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