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Conférence de Paris pour la paix au Proche-Orient: attentes et craintes

Ce sont près de 70 pays qui vont se réunir ce dimanche 15 janvier, à Paris, pour une conférence internationale qui va tenter de relancer le processus de paix israélo-palestinien. L'objectif affiché est de réaffirmer l'engagement de la communauté internationale en faveur d'une solution à deux Etats et de tenter de recréer des conditions incitant les deux parties au dialogue. John Kerry effectuera pour l'occasion son dernier déplacement en tant que secrétaire d'Etat américain, mais les principaux intéressés Israéliens et Palestiniens seront absents. Quelles sont les craintes des uns, les attentes des autres face à cet effort diplomatique ?



Les uns y voient la conférence de la dernière chance. Faute d'avancée « l'an prochain, nous nous retrouverons pour parler d'une solution à un Etat », assure un conseiller de Mahmoud Abbas.
 
Face à des négociations bilatérales au point mort depuis 2010, un autre proche du président palestinien se félicite de l'implication de la communauté internationale. Citant les efforts de paix en Syrie, l'accord nucléaire iranien, il s'interroge : « Pourquoi le conflit israélo-palestinien serait le seul à devoir être réglé de manière bilatérale ? »
 
Mais cette implication internationale, c'est précisément ce que rejette le gouvernement israélien. Cette conférence, dit-il, donne l'illusion aux Palestiniens qu'ils peuvent faire avancer leur cause auprès des autres pays quand la paix ne sera obtenue, souligne-t-il, que par des négociations directes avec lui.
 
Les Palestiniens espèrent que cette conférence endossera la récente résolution des Nations unies condamnant la colonisation israélienne en Cisjordanie et qu'elle mettra en place un comité de suivi, capable de rendre compte des progrès ou des reculs sur le terrain. Des positions anti-israéliennes, assurent le Premier ministre Benyamin Netanyahu qui d'ores et déjà les rejettent : « elles ne nous engageront à rien », lance-t-il.
 
Les Palestiniens en faveur d'un Etat binational
 
Avec notre correspondante à Ramallah, Marine Vlahovic
 
En Cisjordanie, des voix dissidentes ont déjà enterré la solution à deux Etats souhaitée par Mahmoud Abbas et plaident plutôt pour la création d'un Etat binational.
 
Checkpoints, restrictions de circulation et colonisation israélienne galopante. Autant de raisons qui ont poussé le Palestinien Radi Jarai à abandonner l'idée d'une solution à deux Etats. L' ancien membre du Fatah milite désormais pour la création d'une entité binationale où Israéliens et Palestiniens vivraient ensemble, et en toute égalité. « Les Israéliens veulent la terre et ne veulent pas la paix. Donc on a besoin de changer d'état d'esprit et d'adopter une nouvelle stratégie », estime-t-il.
 
Ce constat d'échec était encore minoritaire il y a quelques années. Mais un récent sondage démontre que 65% des Palestiniens estiment qu'une solution à deux Etats est impossible à mettre en œuvre aujourd'hui. Pour Khalil Shikaki, directeur du Centre palestinien de recherches et d'études, un glissement naturel s'opère. « On atteint un record d’opinion en faveur d’un Etat binational. Parce qu'on atteint aussi un taux record de gens qui pensent que la solution à deux Etats n'est pas envisageable à cause de la colonisation », dit-il.
 
Déçus par le processus de paix et leurs dirigeants, les jeunes Palestiniens sont les plus fervents partisans de cette solution binationale. Une opinion qui comptera un jour. En Cisjordanie et à Gaza, près de 70% de la population a moins de 29 ans.

Rfi.fr

Dimanche 15 Janvier 2017 - 08:03



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