Pour l’équipe d’enquêteurs judiciaires qui arrivent à Ouagadougou, il s’agit de vérifier et analyser toutes les données liées au départ du vol AH 5017, afin de déterminer les causes de l'accident, qui a coûté la vie à 116 personnes. C'est ce qu'explique le capitaine Philippe Molé, commandant de la division de lutte contre les atteintes à la sûreté et à la sécurité aérienne française.
« Ce qui nous intéresse, relate-t-il, c'est tout ce qui est en rapport avec le départ de l'avion, que ce soit le contrôle aérien, le chargement de l'avion... On a aussi demandé à rencontrer des pilotes burkinabè, parce qu'ils ont l'expérience de la manière dont on vole dans le coin, et que le front intertropical, ce n'est pas quelque chose d'innocent (il s'agit d'une ceinture de zones de basses pressions qui court le long de l’équateur autour de la Terre, et qui comporte des orages importants, NDLR). Il a déjà été mis en cause dans l'affaire du Rio-Paris. On sait que dans ce dossier-là, c'est un élément contributif - pas forcément l'élément déclencheur, mais contributif -, puisque l'avion a été obligé de se dérouter plusieurs fois. »
Les enquêteurs judiciaires disent « disposer déjà de certaines données ». Mais pour les familles des victimes, le plus important, ce sont les causes réelles de l’accident. La patience est donc encore de mise. Me Halidou Ouedraogo, président de l’association des familles des victimes vol d’air Algérie, explique : « Nous avons eu des informations sur certaines données, mais dans la mesure où aucune conclusion n'a été tirée, nous préférons attendre. Nous ne savons toujours pas les causes de l'accident. »
Pour rassurer les familles, les enquêteurs affirment qu’ils gardent toujours l’espoir de récupérer les enregistrements des deux boites noires.
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