Le Sénégal, qui a connu une croissance économique remarquable ces dernières années, se retrouve aujourd'hui face à un défi majeur : la gestion de sa dette publique.
Le pays fait recours de manière excessive au marché de l'UEMOA, avec un 5e APE en moins de 2 ans, ce qui soulève des inquiétudes quant à sa capacité à gérer sa dette. Récemment, le Sénégal a également recouru au mécanisme de Total Return Swaps (TRS), un instrument financier très risqué qui suscite des questions de légalité et de transparence, mais surtout sur le profil actuel du Sénégal sur le marché financier.
Le Sénégal, un profil de pays à risque élevé ?
Le recours aux TRS est souvent associé à des États qui ont des difficultés à accéder aux marchés financiers traditionnels.
Le Sénégal, avec une dette publique déjà élevée (plus de 130% du PIB), se retrouve dans une situation précaire. Les fonds spéculatifs, qui sont souvent à l'origine de ces mécanismes de TRS, sont connus pour leurs pratiques agressives et leur recherche de profits élevés. Ils peuvent exiger des taux d'intérêt élevés, imposer des conditions strictes et spéculer sur les marchés financiers, ce qui peut aggraver les risques pour l'État du Sénégal.
Récemment, il y a des exemples d'États qui ont recouru à ces mécanismes financiers risqués. En 2008, la RDC a été victime de fonds spéculatifs, ce qui a entraîné une crise économique et humanitaire. La Grèce, victime des fonds vautours, a dû recourir en 2010 à un plan de sauvetage de l'Union européenne pour éviter de la faillite. L'Argentine a été victime de fonds spéculatifs en 2014, ce qui a entraîné une crise économique majeure dans le pays.
Au moment de leur recours aux fonds vautours, ces pays avaient en commun une difficulté d'accès aux marchés financiers traditionnels due à des situations économiques et financières difficiles.
Le recours aux TRS envoie un signal négatif aux bailleurs et partenaires financiers, qui peuvent considérer le Sénégal comme un pays à risque. Cela peut rendre plus difficile et plus coûteux pour le pays l'accès aux marchés financiers internationaux.
Le Sénégal peut être perçu comme un pays à risque élevé, à l'image de l'Argentine, de la Grèce et de la RDC, aux périodes de leurs recours aux mécanismes de TRS.
La Priorité : Renouer avec le FMI et Regagner la Confiance
Certes, le Sénégal fait face à un besoin de financement de son économie, et pour rappel, l'endettement par mécanismes traditionnels et ou nouveaux n'est pas mauvais en soi, mais au-delà des mécanismes financiers risqués, la priorité pour le Sénégal devrait être de renouer avec le Fonds Monétaire International (FMI) et de regagner la confiance des bailleurs et investisseurs étrangers, car la création de richesse et la croissance économique ne peuvent être assurées que par une gestion financière transparente et responsable et non par un recours aux mécanismes risqués au nom de la gestion active de la dette.
Le Sénégal doit prendre des mesures pour améliorer sa gouvernance financière, renforcer la transparence et la responsabilité, et mettre en place des politiques économiques saines porteuses de croissance pour réduire la dette publique et améliorer la croissance économique.
La Confiance, la Clé de la Croissance Économique
Pour un État, la confiance est la clé de la croissance économique et de l'attraction des investissements internationaux pour établir des relations d'investissements fiables porteuses de croissance.
Le Sénégal doit regagner la confiance des bailleurs et investisseurs étrangers en démontrant sa capacité à gérer sa dette publique de manière responsable et transparente tout en restant un pays attractif, de sécurité juridique et judiciaire pour les investisseurs. Cela nécessite une approche à long terme, basée sur des politiques économiques saines, une gouvernance financière rigoureuse et un climat de sécurité et de stabilité.
Le Sénégal a les moyens de relever ce défi, mais il doit agir rapidement pour éviter de sombrer dans une crise de confiance qui pourrait avoir des conséquences graves pour son économie.
La confiance est un déterminant important pour les bailleurs et investisseurs, car elle permet de réduire les risques et d'améliorer la prévisibilité des investissements.
Les investisseurs étrangers sont plus susceptibles d'investir dans un pays qui a une bonne gouvernance financière, une transparence et une responsabilité élevées. Le Sénégal doit donc faire de la confiance une priorité pour attirer les investissements et assurer sa croissance économique plutôt que de vouloir faire de ces mécanismes de TRS dans le court terme une option de diversification des sources de financement et de remboursement des euro bonds arrivés à échéance.
Madaour Sylla Juriste-Analyste
Diplômé en études et pratiques des relations internationales.
Option relations économiques internationales.
Enseignant en Droit international et relations internationales.
Doctorant-Chercheur en Droit international des investissements.
syllamadaour@gmail.com
Le pays fait recours de manière excessive au marché de l'UEMOA, avec un 5e APE en moins de 2 ans, ce qui soulève des inquiétudes quant à sa capacité à gérer sa dette. Récemment, le Sénégal a également recouru au mécanisme de Total Return Swaps (TRS), un instrument financier très risqué qui suscite des questions de légalité et de transparence, mais surtout sur le profil actuel du Sénégal sur le marché financier.
Le Sénégal, un profil de pays à risque élevé ?
Le recours aux TRS est souvent associé à des États qui ont des difficultés à accéder aux marchés financiers traditionnels.
Le Sénégal, avec une dette publique déjà élevée (plus de 130% du PIB), se retrouve dans une situation précaire. Les fonds spéculatifs, qui sont souvent à l'origine de ces mécanismes de TRS, sont connus pour leurs pratiques agressives et leur recherche de profits élevés. Ils peuvent exiger des taux d'intérêt élevés, imposer des conditions strictes et spéculer sur les marchés financiers, ce qui peut aggraver les risques pour l'État du Sénégal.
Récemment, il y a des exemples d'États qui ont recouru à ces mécanismes financiers risqués. En 2008, la RDC a été victime de fonds spéculatifs, ce qui a entraîné une crise économique et humanitaire. La Grèce, victime des fonds vautours, a dû recourir en 2010 à un plan de sauvetage de l'Union européenne pour éviter de la faillite. L'Argentine a été victime de fonds spéculatifs en 2014, ce qui a entraîné une crise économique majeure dans le pays.
Au moment de leur recours aux fonds vautours, ces pays avaient en commun une difficulté d'accès aux marchés financiers traditionnels due à des situations économiques et financières difficiles.
Le recours aux TRS envoie un signal négatif aux bailleurs et partenaires financiers, qui peuvent considérer le Sénégal comme un pays à risque. Cela peut rendre plus difficile et plus coûteux pour le pays l'accès aux marchés financiers internationaux.
Le Sénégal peut être perçu comme un pays à risque élevé, à l'image de l'Argentine, de la Grèce et de la RDC, aux périodes de leurs recours aux mécanismes de TRS.
La Priorité : Renouer avec le FMI et Regagner la Confiance
Certes, le Sénégal fait face à un besoin de financement de son économie, et pour rappel, l'endettement par mécanismes traditionnels et ou nouveaux n'est pas mauvais en soi, mais au-delà des mécanismes financiers risqués, la priorité pour le Sénégal devrait être de renouer avec le Fonds Monétaire International (FMI) et de regagner la confiance des bailleurs et investisseurs étrangers, car la création de richesse et la croissance économique ne peuvent être assurées que par une gestion financière transparente et responsable et non par un recours aux mécanismes risqués au nom de la gestion active de la dette.
Le Sénégal doit prendre des mesures pour améliorer sa gouvernance financière, renforcer la transparence et la responsabilité, et mettre en place des politiques économiques saines porteuses de croissance pour réduire la dette publique et améliorer la croissance économique.
La Confiance, la Clé de la Croissance Économique
Pour un État, la confiance est la clé de la croissance économique et de l'attraction des investissements internationaux pour établir des relations d'investissements fiables porteuses de croissance.
Le Sénégal doit regagner la confiance des bailleurs et investisseurs étrangers en démontrant sa capacité à gérer sa dette publique de manière responsable et transparente tout en restant un pays attractif, de sécurité juridique et judiciaire pour les investisseurs. Cela nécessite une approche à long terme, basée sur des politiques économiques saines, une gouvernance financière rigoureuse et un climat de sécurité et de stabilité.
Le Sénégal a les moyens de relever ce défi, mais il doit agir rapidement pour éviter de sombrer dans une crise de confiance qui pourrait avoir des conséquences graves pour son économie.
La confiance est un déterminant important pour les bailleurs et investisseurs, car elle permet de réduire les risques et d'améliorer la prévisibilité des investissements.
Les investisseurs étrangers sont plus susceptibles d'investir dans un pays qui a une bonne gouvernance financière, une transparence et une responsabilité élevées. Le Sénégal doit donc faire de la confiance une priorité pour attirer les investissements et assurer sa croissance économique plutôt que de vouloir faire de ces mécanismes de TRS dans le court terme une option de diversification des sources de financement et de remboursement des euro bonds arrivés à échéance.
Madaour Sylla Juriste-Analyste
Diplômé en études et pratiques des relations internationales.
Option relations économiques internationales.
Enseignant en Droit international et relations internationales.
Doctorant-Chercheur en Droit international des investissements.
syllamadaour@gmail.com
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