Le président Otto Pérez a le dos au mur et risque bien désormais de se retrouver sur le banc des accusés. En perdant son immunité, il peut désormais être jugé comme n’importe quel citoyen. Et même si Otto Pérez se refuse toujours à démissionner, le ministère public pourrait l’assigner à comparaître devant un juge, qui pourra à son tour exiger sa détention. A condition bien sûr qu’il y ait des éléments pour l’inculper.
Otto Pérez a cependant déposé samedi un recours devant la Cour constitutionnelle contre le rapport de la commission parlementaire d’enquête, sur la base duquel le Congrès lui a retiré son immunité. Si la cour accepte ce recours, cela suspend provisoirement toute action contre le chef de l’Etat.
Aux alentours du Congrès, les Guatémaltèques, qui depuis des mois descendent dans les rues pour dénoncer la corruption des autorités et exiger la démission du président, ont célébré la décision des parlementaires. Une décision qui, à quelques jours seulement des élections de dimanche, devrait permettre de faire baisser d’un cran les tensions que connaît le pays, plongé dans une crise politique sans précédent.
L'Etat de droit renforcé
« C’est un signe positif de la part d’un Etat qui, historiquement n’a pas été à l’hauteur en matière d’Etat de droit et d’impunité. Aujourd’hui l’Etat de droit sort renforcé de même que notre faible démocratie, estime Jorge de Léon, procureur pour les Droits de l'homme au Guatemala. Cette décision démontre que personne ne peut se considérer au dessus de la Loi, et que tout le monde doit s’y soumettre. Maintenant le président de la République devra faire face au procès judiciaire entamé contre lui et répondre aux accusations du procureur et de la Commission de l’ONU contre l’impunité au Guatemala, la CICIG. »
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