Que les soldats américains déployés en Irak soient appelés conseillers militaires relève avant tout de la rhétorique politique. En réalité, ils représentent l'élite de l'armée américaine. Il s'agit de membres des forces spéciales, les Navy Seals, ainsi que d'analystes du renseignement et d'experts en logistique.
Leur mission : faire en sorte que l'armée irakienne soit en état de combattre elle-même les insurgés sunnites. Pour cela, ces « conseillers » ne seront pas déployés sur le front mais agiront sur le plan stratégique : premièrement, les Américains formeront six équipes d'experts, censées évaluer l'état de l’armée irakienne afin de l'améliorer. Deuxièmement, les conseillers militaires doivent recueillir un maximum de renseignement sur les insurgés, renseignements qui seront partagés avec les autorités irakiennes.
30 à 35 vols de reconnaissance
Pour cela, les Américains effectuent d'ores et déjà quotidiennement 30 à 35 vols de reconnaissance au-dessus de l'Irak, aussi bien avec des avions qu'avec des drones. Ces renseignements doivent aussi permettre de définir des cibles pour d'éventuelles frappes aériennes américaines.
Et enfin, des centres d'opérations conjoints avec les forces irakiennes seront mis en place. Pour Barack Obama, forcé à réagir face à la menace EIIL, l'envoi de ces conseillers militaires en Irak est la solution la moins pire, bien que de nombreux analystes militaires mettent déjà en doute son efficacité.
Entente locale avec al-Qaïda
Sur le terrain, les jihadistes irakiens se sont ouvert une voie vers la Syrie grâce à une entente locale avec al-Qaïda. En s'emparant du poste-frontière de Boukamal, pendant syrien du poste-frontière d'Al-Qaïm qu'ils contrôlent déjà, les combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) progressent dans leur objectif de fonder un Etat islamique situé dans un espace à cheval entre Syrie et Irak. Ce 25 juin, les insurgés dominent Mossoul, la deuxième ville d'Irak, une vaste partie de sa province Ninive (nord), de Tikrit ainsi que d'autres secteurs des provinces de Salaheddine (nord), Diyala (est), Kirkouk (nord), et Al-Anbar (ouest).
Nouri al-Maliki, une partie du problème ?
Politiquement, le Premier ministre irakien a du mal à déléguer ses pouvoirs et à surmonter sa répugnance à négocier avec les représentants de la communauté sunnite. Pourtant, tout le monde est unanime : seul un accord politique qui n'excluerait plus les sunnites des institutions et de l'Etat irakien permettrait de mettre fin aux hostilités....suite.
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