La Journée mondiale de l’aide humanitaire, qui se tient ce lundi 19 août, met cette année à l’honneur le travail des femmes en situation de crise. Trois questions à Jon Cerezo, responsable de campagne humanitaire chez Oxfam France.
RFI : Quelle est la place de la femme dans l’aide humanitaire ?Jon Cerezo : Les femmes sont en première ligne de l’aide humanitaire, mais sont souvent complètement anonymes. Elles jouent un rôle central, primordial, malheureusement trop peu mis en lumière. Dans beaucoup de cas, ce sont des ingénieurs hydrauliques, des médecins, des infirmières, mais aussi des bénévoles. Car en tant qu’organisation humanitaire, on travaille aussi bien avec des professionnels qu’avec des bénévoles qui peuvent soutenir plus particulièrement les besoins des plus vulnérables. Dans la majorité des cas, malheureusement, il s’agit de la population féminine.
Les crises humanitaires peuvent survenir à la suite d’une catastrophe naturelle, dans le cas de conflits qui éclatent. Par exemple, en RDC où il y a plusieurs zones en conflit ce qui provoque très fréquemment des violations de droits humains, et plus particulièrement pour les plus vulnérables. Les femmes sont aussi les plus exposées aux déplacements forcés dans ces régions ou dans d’autres régions du monde. Quand une crise humanitaire se déclenche, l’absence de sécurité fait, de façon presque logique, que les femmes sont les plus vulnérables.
Avez-vous des exemples de femmes qui agissent sur le terrain ?
J’aimerais citer des collègues comme Takudzwa Chihanga, 33 ans, qui travaille au Zimbabwe. Elle met en place des systèmes d’approvisionnement d’eau potable, alimentés par l’énergie solaire. On est en contact constamment avec d’autres collègues sur le terrain. En RDC, je pense à Solange, 35 ans, qui travaille dans la région du Kasaï. C’est une région particulièrement complexe, difficile, frontalière avec l’Angola. En tant que professionnelle de la santé, elle apporte assistance à des centaines et des centaines de femmes dans un contexte où des centaines de millions de personnes ont été forcées de quitter leur foyer du jour au lendemain à cause des violences généralisées. Je pense aussi à Emilia Moussa, qui est dans la réponse des cyclones Idai et Kenneth au Mozambique, près de la ville de Beira. Et bien d’autres centaines de femmes.
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