Par-delà le rire et les millions de vues, l’histoire d’Ameth Ndiaye et de son âne, figé en pleine circulation en milieu urbain, révèle un malaise plus profond. Derrière l’anecdote, c’est tout un pan de notre société qui s’exprime (ou plutôt, qui dysfonctionne).
Une lecture sociologique s’impose
Le sociologue Dr Cheikh Tidiane Mbaye y voit un symptôme de ce qu’il nomme la disharmonie sociale : un désalignement entre les institutions, les valeurs collectives et les pratiques sociales. Dans une société en manque de repères clairs, les faits divers prennent une ampleur disproportionnée. "Quand l’âne s’arrête, c’est le pays qui s’emballe", résume-t-il.
Ce désordre symbolique se traduit par une hiérarchisation floue des priorités. Des vidéos virales, des controverses futiles ou des personnages anecdotiques comme Cheikhou Cherifou, Vaidehi, Diaba Sora, Eudoxie Yao ou autres Mame Ndiaye Savon, captivent l’espace médiatique, pendant que des enjeux cruciaux restent dans l’ombre. Que dire de cette sordide affaire "Sweat beauty", un simple fait divers, au départ, qui a fini de plonger le Sénégal dans une dangereuse spirale de conflit collectif qui divise le peuple et continue d'occuper l'espace public, politique, médiatique... L’expression populaire "Sénégal du réew" ( littéralement, "le Sénégal de l’absurde") trouve ici tout son sens.
Pourquoi cet emballement collectif autour d’un simple âne ? Parce qu’il comble, selon le sociologue, un vide émotionnel et symbolique. Il fournit, le temps d’un buzz, un exutoire à une société en perte de repères. Ce phénomène évoque les "formes pathologiques de la division du travail" décrites par Émile Durkheim : anomie, frustration, désorganisation.
Reconstruire notre société
L’épisode d’Ameth Ndiaye n’est pas une simple parenthèse amusante. Il traduit un malaise plus large, celui d’un peuple qui cherche des repères, des symboles, du sens. Il interroge notre rapport à l’information, à l’humour, mais aussi à la dignité.
Pour sortir de cette spirale, Dr Mbaye appelle à une réconciliation entre nos institutions et notre vécu quotidien. "Il faut reconstruire une société harmonieuse, alignée sur des valeurs cohérentes, et réconcilier le Sénégalais avec lui-même", plaide-t-il.
Car si l’âne s’arrête encore, ce n’est pas pour nous faire rire, mais, peut-être, pour nous faire réfléchir.
En quelque sorte, faire un "ndeup national".
Babou Biram FAYE
Une lecture sociologique s’impose
Le sociologue Dr Cheikh Tidiane Mbaye y voit un symptôme de ce qu’il nomme la disharmonie sociale : un désalignement entre les institutions, les valeurs collectives et les pratiques sociales. Dans une société en manque de repères clairs, les faits divers prennent une ampleur disproportionnée. "Quand l’âne s’arrête, c’est le pays qui s’emballe", résume-t-il.
Ce désordre symbolique se traduit par une hiérarchisation floue des priorités. Des vidéos virales, des controverses futiles ou des personnages anecdotiques comme Cheikhou Cherifou, Vaidehi, Diaba Sora, Eudoxie Yao ou autres Mame Ndiaye Savon, captivent l’espace médiatique, pendant que des enjeux cruciaux restent dans l’ombre. Que dire de cette sordide affaire "Sweat beauty", un simple fait divers, au départ, qui a fini de plonger le Sénégal dans une dangereuse spirale de conflit collectif qui divise le peuple et continue d'occuper l'espace public, politique, médiatique... L’expression populaire "Sénégal du réew" ( littéralement, "le Sénégal de l’absurde") trouve ici tout son sens.
Pourquoi cet emballement collectif autour d’un simple âne ? Parce qu’il comble, selon le sociologue, un vide émotionnel et symbolique. Il fournit, le temps d’un buzz, un exutoire à une société en perte de repères. Ce phénomène évoque les "formes pathologiques de la division du travail" décrites par Émile Durkheim : anomie, frustration, désorganisation.
Reconstruire notre société
L’épisode d’Ameth Ndiaye n’est pas une simple parenthèse amusante. Il traduit un malaise plus large, celui d’un peuple qui cherche des repères, des symboles, du sens. Il interroge notre rapport à l’information, à l’humour, mais aussi à la dignité.
Pour sortir de cette spirale, Dr Mbaye appelle à une réconciliation entre nos institutions et notre vécu quotidien. "Il faut reconstruire une société harmonieuse, alignée sur des valeurs cohérentes, et réconcilier le Sénégalais avec lui-même", plaide-t-il.
Car si l’âne s’arrête encore, ce n’est pas pour nous faire rire, mais, peut-être, pour nous faire réfléchir.
En quelque sorte, faire un "ndeup national".
Babou Biram FAYE
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