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Lettre aux SENEGALAIS: Je suis amer !



Lettre aux SENEGALAIS: Je suis amer !
Avec toute la déférence que, simple citoyen, je voue à mon peuple et dois au Président de la République de mon pays, permettez-moi de brandir ma plume pour m’adresser à mes concitoyens.

Je suis profondément indigné par le mal être et la situation indescriptible dans laquelle patauge mon peuple. Nous sommes tous responsables ! 
Pour déplorer d’abord le drame du stade Demba DIOP qui est révélateur des risques qui guettent notre Sénégal. Ce tableau funeste rappelle qu’une étincelle peut embraser le brasier qui couve sous la cendre et dynamiser les forces centrifuges qui menacent la paix sociale au pays de la Teranga.

L’année 2017 continue de sonner toutes formes d’alertes qui doivent heurter nos consciences et éviter le naufrage collectif d’un peuple jadis admiré et souvent pris en modèle.

Pour cette raison, j’interpelle en premier lieu le Président de la République qui, par la Grâce de Dieu et avec la volonté des Sénégalais, a en charge la destinée de notre patrie. 

Votre héritage n’est pas facile à assumer, mais les ruptures à opérer vous incombent. Elles sont relatives à la bonne gouvernance, au développement, à la justice et à l’équité. Elles  doivent éradiquer l’indiscipline, le laxisme, l’impunité, l’incivisme, la corruption entre autres maux qui gangrènent notre société.

En tant que timonier du navire dans lequel nous sommes embarqués, vous disposez des instruments de gouvernance et des moyens de l’Etat pour hisser notre pays dans les sphères de la modernité. Votre responsabilité de chef de l’Etat est engagée dans les différentes étapes qui jalonnent votre mandat.

 Vous avez le devoir de prendre de la hauteur et de mesurer les préoccupations réelles de votre peuple et mener notre pirogue à bon port. Votre mission ne consiste pas à gagner des élections mais à servir vos mandants. Les élections que vous avez le devoir d’organiser constituent le mécanisme démocratique qui permet aux citoyens de choisir librement leurs représentants dans les instances électives.

Vos moindres faits et gestes sont perçus et décryptés par les Sénégalais. Ils impriment la cadence du peuple.

Votre bilan et votre probité seront évalués. Ils vous permettront de gagner ou de perdre la confiance des Sénégalais. Ce n’est point en achetant la conscience de « griots ou transhumants » plutôt laudateurs et versatiles que vous aurez gain de cause. Ce qui est inadmissible, l’utilisation de l’argent du contribuable pour combattre un adversaire politique quel qu’il soit ou pour entretenir un clientélisme qui annihile les convictions. Ces actes ne peuvent être cautionnés par le citoyen républicain qui a en horreur, l’usage des ressources publiques pour assouvir des intérêts crypto-personnels. L’achat de la conscience qui est la pire forme d’avilissement moral ne doit point prospérer sous nos cieux. La contrepartie financière ne peut compenser cette abomination qui frise la prostitution du faire - valoir qui en bénéficie. Etant persuadé qu’on ne peut nullement sortir un peuple de l’obscurantisme en le noyant dans les contre-valeurs, il faudra bannir ces pratiques dévalorisantes.

Lorsque les élites pataugent dans l’incompétence et la cupidité, le peuple se noie dans la précarité, et la débauche. La nation se fait hara-kiri dans une spirale de violences incontrôlables. Le drame de Demba DIOP l’illustre dans toute sa laideur.

A quoi sert un dispositif anti-corruption si nos représentants usent de la corruption pour se maintenir au pouvoir.

Comment voulez- vous que les citoyens payent leurs impôts, s’il s’avère que  leurs maigres contributions sont distribuées en prébendes par des prévaricateurs aux fossoyeurs de la nation.

Comment voulez-vous que le citoyen lambda ne cède à la corruption, s’il est persuadé que l’abjecte pratique est d’un usage tout azimut et que toutes ses capacités de résistance sont réduites au néant.
On ne peut gouverner un peuple qui se rend compte que les Institutions de la République qu’il est censé respecter sont dévoyées et désacralisées.

J’interpelle les guides religieux. Ils demeurent la frange de la société la plus respectée, par le fait que les Sénégalais sont profondément croyants et conscients du riche héritage laissé par des personnalités religieuses de grande envergure. Hélas, nos guides ont tendance à capituler devant les liasses sataniques, devenant les remparts inertes d’une foi désincarnée.  Nombreux sont qui trainent une notoriété dynastique, devenant des gourous de foules incultes. Cette nouvelle race de  ‘’guides ‘’ plus temporels que religieux, de toutes obédiences, ont accaparé les lieux de cultes, transformé les sanctuaires en tribunes politiques et travesti les lieux de pèlerinage en parcs d’attraction.

S’il est vrai que le Pouvoir Absolu est d’essence divine, le pouvoir spirituel doit  inspirer les mortels et leur servir de  refuge le cas échéant. La capitulation  des religieux devant le  pouvoir politique ouvre la porte aux ondes maléfiques.

J’exhorte les élites à se défaire des référentiels d’autres horizons qui polluent leurs matières grises. A s’affranchir des dogmatismes idéologiques qui les éloignent des réalités à assumer. A faire preuve de générosité envers les masses qu’ils ont la prétention d’éclairer et de diriger. Notre élite est en mode échec et peine à harmoniser avec cette masse laissée en rade, accentuant une société baroque fonctionnant à deux vitesses. Lolou dou dem !

J’interpelle la classe politique à pratiquer l’art de gérer la cité autrement, à faire siens les principes fondateurs de la République et de la Démocratie qui ne sont pas forcément les modèles importés qui ont permis aux Le PEN et autres  TRUMP de pavoiser. Les principes n’ont d’effets positifs que lorsqu’ils sont adaptés au contexte. A nous d’inventer notre système politique et de nous inspirer des principes d’abord spécifiques et enfin universels. Ceux-ci sont bien présents dans les méandres de notre histoire mise en berne.

J’interpelle les media très prompts au sensationnel, enclins dans la crétinisation et le divertissement, à se convertir dans la production de contenus qui valorisent l’humain. Peoples et frivoles, elles ont l’obligation de ressentir les pulsions positives des masses, dénicher la créativité des jeunes talents, informer juste les populations, sensibiliser efficacement et aider à créer de la valeur ajoutée. 

Je supplie la Jeunesse adepte de la facilité à rectifier sa trajectoire. A identifier sa mission, à s’armer de science et à persévérer dans l’effort.

J’encourage les femmes passeuses de vertus à conserver les valeurs fondamentales de notre société. A ne point céder aux sirènes démoniaques d’un occident dévergondé qui exhibe un libertinage sans issue.
Que valent le pétrole ou le gaz si le peuple n’est pas éduqué, si nos anciens perdent la raison, si nos dirigeants sont irresponsables, si nos élites sont incompétentes, si nos jeunes sont désœuvrés et insouciants, si nos femmes sont ingénues.

J’invite à mener collectivement une introspection pour chasser définitivement ces amertumes que je sais partager avec nombre de mes concitoyens. Que chaque citoyen s’évertue à poser un acte fort, quitte à renoncer à un droit  afin de rendre notre pays meilleur.

Je nourris cet espoir de transcender avec vous les maux que nous entretenons nous-mêmes. Quand les meilleurs d’entre nous serons les dirigeants, le Sénégal sera enfin sur les bons rails qu’il n’aurait jamais quittés; Ceci est dans l’ordre du possible. C’est le plus grand souhait du citoyen que je suis.
Madou KANE
Château d’eau Sud-MBOUR


Jeudi 20 Juillet 2017 - 14:34



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