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Nana Akufo-Addo président: une fois de plus, «une victoire du peuple ghanéen»

Le Ghana, plus que jamais un pays d'alternances. Le chef de file de l'opposition, Nana Akufo-Addo, a remporté l'élection présidentielle contre John Dramani Mahama, avec 53 % des voix, a annoncé la Commission électorale vendredi 9 décembre. 10,7 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes. Le président sortant, qui briguait un second mandat, a appelé le vainqueur du scrutin pour le féliciter.



Tout est allé très vite, ce vendredi soir à Accra. La Commission électorale a annoncé la victoire de l'opposant Nana Akufo-Addo, tandis que le président sortant a reconnu sa défaite. Et ce, toujours dans le calme et le respect des résultats. Pour le Camerounais Christopher Fomunyoh, directeur Afrique du « think tank » américain National Democratic Institute (NDI) - qui est à Accra pour observer cette élection présidentielle -, cet épilogue est une véritable leçon de démocratie. Il s'exprime sur les antennes de RFI :
 
« C’est une victoire du peuple ghanéen, qui vient une fois de plus confirmer son attachement à la démocratie, à la bonne gouvernance, à l’organisation d'élections transparentes et crédibles. Et nous avons pu le constater pendant ce scrutin du 7 décembre : tout a été mis en œuvre par la Commission électorale indépendante, par les observateurs nationaux qui se sont déployés à travers l’ensemble du territoire national, même par les structures religieuses, les Eglises, différentes confessions religieuses qui se sont réunies pour appeler à l’organisation des élections crédibles... »
 
Qui est le nouveau président élu du Ghana ?
 
« Je crois que ce sont tous ces efforts, qui ont abouti à ce que les résultats du scrutin soit acceptés par tout le monde. Depuis que le président sortant a reconnu avoir perdu le scrutin, Accra reste très, très, très calme. Je me dis que le Ghana restera un exemple qui pourra servir à d’autres pays sur le continent », ajoute Christopher Fomunyoh, qui dresse par ailleurs le portrait du nouveau président ghanéen Nana Akufo-Addo, juriste de formation bilingue anglais-français « pour avoir travaillé sur la place de Paris comme avocat » :
 
« C’est quelqu’un qui a, par le passé, tenu des portefeuilles ministériels intéressants : ministre de la Justice, ministre des Affaires étrangères à un moment donné, mais qui a aussi persévéré dans l’opposition. Parce que ça fait la troisième fois qu’il se porte candidat à l’élection présidentielle. Et apparemment, la troisième fois, ça a été la bonne ! C’est un monsieur très posé, qui a 72 ans, et je crois qu’il va pouvoir renforcer les institutions démocratiques au Ghana et que les Ghanéens sauront apprécier sa façon de gérer la chose publique. »
 
Des promesses à tenir
 
L’investiture devrait normalement avoir lieu le 7 janvier, un mois après le scrutin. Nana Akufo-Addo déménagera alors au palais présidentiel. Mais l'une des questions essentielles, c'est désormais celle de son cabinet gouvernemental. « Quels ministres il va choisir ? Pendant la campagne il avait parlé de travailler avec les petits partis. Alors on va voir s’il va installer des membres de petits partis à des postes ministériels. Ça c’est quelque chose d’assez nouveau pour le Ghana », analyse Daniel Finnan, l'envoyé spécial de RFI au Ghana.
 
Pour le journaliste, qui a couvert l'élection du 7 décembre, l'important est aussi de savoir si le président élu sera capable de tenir ses promesses. « Sa campagne était basée sur les questions économiques et sur le chômage. Il a parlé d’une usine dans chaque département du pays. Il a aussi parlé de l’éducation gratuite au lycée. » Daniel Finnan estime qu'entre ses promesses et le manque d'agents de l'Etat, « ça va être difficile pour lui ». 
 
Un avis partagé par le politologue Mathias Hounkpè, administrateur du programme gouvernance politique à OSIWA, l’Open society initiative pour l’Afrique de l’Ouest. « Je pense qu’il est venu avec des attentes énormes et ça peut être difficile parce que depuis la chute du prix du pétrole, le Ghana rencontre des difficultés énormes. L’inflation est à deux chiffres, le cedi, la monnaie ghanéenne, est en chute libre. Je pense que ce nouveau président peut se retrouver dans des difficultés dans quelques mois si jamais il n’arrive pas à faire face de façon rapide. »
 
Le politologue nuance néanmoins : « Mais il faut reconnaître qu’il a la main. Il peut faire des efforts, d’abord en commençant par éviter que ceux qui ont mal géré sur le régime sortant bénéficient d’une impunité et en évitant que les scandales qui se sont répétés tout le long du régime précédent se répètent sous sa gouvernance à lui. »
 
Nombreux sont les dossiers qui attendent donc le président élu. Mais l'arrivée au pouvoir d'un ancien ministre des Affaires étrangères pose aussi la question de la présence du pays sur la scène régionale. Cela changera-t-il avec Nana Akufo-Addo ? « Depuis pratiquement dix ans, le Ghana est resté comme absent sur la scène diplomatique de la Cédéao, explique Mathias Houkpé. Le fait que Nana Akufo-Addo ait été lui-même un diplomate, ministre des affaires étrangères peut peut-être amener le Ghana à s’impliquer mais je n’en suis pas sûr. Car il prend ses fonctions dans un environnement interne extrêmement difficile donc le premier terrain sur lequel il va investir l’essentiel de ses efforts c’est la recherche de solutions aux problèmes des Ghanéens. » 

Rfi.fr

Dimanche 11 Décembre 2016 - 08:10



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