Ouganda: des députés de l'opposition refusent l'argent du Parlement

En Ouganda, la réforme de la Constitution qui prévoit de supprimer l'âge limite pour devenir président et qui permettrait au président Museveni, au pouvoir depuis 1986, de se présenter au scrutin de 2021 continue de faire polémique. Les parlementaires ont reçu la coquette somme de près de 7 000 euros chacun afin de rentrer dans leurs circonscriptions pour y mener, officiellement, des consultations sur cette réforme. Mais mercredi 25 octobre, une dizaine de députés de l'opposition se sont rendus au Parlement pour rendre cet argent, arguant qu'il s'agit de corruption.


Ils sont une dizaine de députés, des liasses de billets en mains, à être descendus au service comptabilité du Parlement ougandais, mercredi, rendre l'argent reçu récemment sur leurs comptes en banque.
 
Malgré des réticences de l'administration, l'argent est officiellement déposé. Le député de l'opposition Ibrahim Semujju, également porte-parole du Forum démocratique pour le changement (FDC), explique cette démarche. « Nous disons non, nous ne pouvons pas faire partie de ce processus de corruption. Cet argent a été détourné des postes pour lesquels il avait été approuvé par le Parlement ougandais. C'est pour cela que nous avons rendu cet argent et nous appelons tous les députés, y compris ceux qui sont du côté du gouvernement et qui se soucient toujours de ce pays, à rapporter cet argent », exhorte-t-il.
 
Mais tous les parlementaires ne sont pas d'accord avec cela. James Kakooza, député de la majorité, pense qu'il est normal d'avoir un budget spécifique pour ces missions spéciales. « Cet argent n'est pas un revenu, souligne-t-il. Il est donné dans un objectif particulier. Et je pense que la présidente du Parlement a été très claire. Elle a dit : le Parlement vous donne cette mission. Le travail d'un député est qu'une fois qu'on vous a donné une mission, vous la réalisez. Si vous ne voulez pas, alors dans ces cas-là, vous rendez l'argent. »
 
Les députés ont jusqu'au 8 novembre pour mener leurs consultations sur le terrain. Ils rendront ensuite compte devant le Parlement du point de vue de leurs administrés sur cette question de l'âge limite pour briguer la magistrature suprême.