Pérou: l'ancien président Fujimori gracié par Kuczynski

C'est à quelques heures des fêtes de Noël que la nouvelle est tombée. Un communiqué de presse laconique du palais présidentiel informait que huit personnes venaient d'être graciées pour des raisons humanitaires par le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski. Parmi elles, se trouve celui qui est sans doute le prisonnier le plus médiatique et polémique du pays : l'ancien président Alberto Fujimori.



Pérou: l'ancien président Fujimori gracié par Kuczynski
Interné en soins intensifs depuis samedi 23 décembre pour un problème de tachycardie, Alberto Fujimori ne passera pas Noël chez lui, mais sans doute le Nouvel an. Selon le communiqué de la présidence, l'ancien chef de l'État de 79 ans a été examiné par une junte médicale qui a déterminé qu'il souffre d'une maladie progressive, dégénérative et incurable. Rester en prison représenterait un risque pour sa vie, selon les médecins. Cela bien que la prison d'Alberto Fujimori ne soit pourtant pas si dure, puisqu'il s'agit d'une petite maison particulière située dans une base de la police à Lima.

Fujimori aura donc passé 10 ans en prison alors qu'il en avait été condamné à 25 ans en 2010 pour crimes de lèse-humanité et pour avoir été considéré comme l'auteur intellectuel des deux massacres de La Cantuta et Barrios Altos qui ont fait 25 morts dont un enfant de huit ans. À l'époque, les autorités menaient une guerre sans merci contre la sanglante guérilla maoïste du Sentier lumineux et contre le Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru. Un conflit qui a fait plus de 70 000 morts et disparus.

Tentative de destitution

Fujimori avait également été condamné à six ans de prison pour usurpation de fonctions, à 7 ans et demi pour avoir accepté le paiement de 15 millions de dollars à son ex-chef du Service d'intelligence nationale Vladimiro Montesinos et à 6 ans pour des p ots-de-vin payés à des députés d'opposition, mais au Pérou les peines de prison ne sont pas cumulatives.

Cette grâce intervient quelques jours après l'échec d'une tentative de destitution du président Kuczynski par la majorité fujimoriste du Congrès et quelques mois après que cette même majorité ait refusé la confiance au gouvernement. Ce qui avait obligé l'exécutif à nommer un nouveau gouvernement.

RFI

Lundi 25 Décembre 2017 - 09:46



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