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Racket et de corruption à Wakhinane-Nimzatt : des agents municipaux condamnés à six mois ferme



Racket et de corruption à Wakhinane-Nimzatt : des agents municipaux condamnés à six mois ferme
Un vaste système de perception irrégulière de patentes au sein de la mairie de Wakhinane-Nimzatt (banlieue dakaroise) a été mis à jour par le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Trois individus, accusés d'« association de malfaiteurs, escroquerie et usurpation de fonction d’agent municipal », ont été jugés avant d’être condamnés à six mois de prison ferme.

Au cœur du dossier figure Mamadou Diouf, agé de 54 ans. Il est décrit comme un intermédiaire chargé de « faciliter » les démarches liées aux patentes. Face au juge, il a démenti être un fonctionnaire municipal, tout en admettant avoir des liens avec certains services de la mairie.

L’affaire a éclaté après la plainte d’un gérant de débit de boissons, J. M. Mendy. Ce dernier raconte avoir été approché par Mamadou Diouf pour régulariser une situation fiscale liée à une patente impayée. Selon ses déclarations, l’intermédiaire lui aurait initialement réclamé 150 000 francs CFA avant que le montant ne soit ramené à 100 000 francs CFA après négociations.

Mais le commerçant, soupçonnant une manœuvre frauduleuse, décide de signaler les faits au commissariat de Wakhinane-Nimzatt. Une opération est alors montée et Mamadou Diouf est interpellé en possession de l’argent remis sous surveillance policière.

À la barre, le prévenu a tenté de minimiser son implication, affirmant avoir seulement voulu « aider » le commerçant à régulariser sa situation grâce à ses connaissances au sein de la mairie. Les débats ont cependant révélé l’implication de deux agents municipaux.

Parmi eux, S. M. Diop, affecté au service de recouvrement des recettes, aurait reconnu avoir participé à certaines opérations de fermeture de commerces avec des agents du Trésor, tout en niant toute participation à une escroquerie. De son côté, un autre agent municipal, A.Tine, a admis avoir aidé des commerçants à remplir leurs déclarations de patente afin d’obtenir des réductions.

Le procureur a dénoncé un système parallèle de recouvrement des patentes, reposant sur des arrangements financiers occultes et des fermetures de commerces utilisées comme moyen de pression. Il a requis six mois de prison ferme et une amende de 100 000 francs CFA contre chacun des prévenus.
Suivant les réquisitions du parquet, le tribunal a finalement condamné les trois hommes à six mois de prison ferme.

Réagissant à cette affaire, le maire de Wakhinane-Nimzatt, Racine Talla, a précisé que les agents incriminés n’avaient reçu aucun mandat officiel pour procéder au recouvrement des patentes auprès des commerçants. D’après le journal L’Observateur, il a annoncé une réunion avec les services municipaux afin de rappeler strictement les règles encadrant les opérations de recouvrement.

Fatime Gueye

Jeudi 21 Mai 2026 - 10:58


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