Le président chinois Xi Jinping a déroulé le tapis rouge à Donald Trump à son arrivée au monumental Palais du peuple, le 14 mai, haut lieu du pouvoir jouxtant, au cœur de la capitale, l'immense place Tiananmen pavoisée aux couleurs chinoises et américaines.
Après avoir passé en revue une garde militaire au son d'une salve de canons, puis salué une foule d'enfants portant des fleurs et agitant les drapeaux des deux pays en scandant « bienvenue, bienvenue, chaleureuse bienvenue ! », Xi Jinping et Donald Trump sont rapidement entrés dans le dur des sujets qui fâchent. Outre Taïwan et l'économie, les deux chefs d'État ont discuté du Moyen-Orient, de la guerre en Ukraine et de la situation sur la péninsule coréenne.
Risque de « conflit »
Ainsi, le président chinois a prévenu son homologue américain Donald Trump que la Chine et les États-Unis pourraient entrer en « conflit » si Washington gérait mal la question de Taïwan, a rapporté la télévision d'État CCTV.
Le président chinois a employé un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement « conflit militaire », mais pouvant aussi faire référence à une vive opposition ou à une confrontation diplomatique et politique.
La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas encore réussi à « unifier » avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une prise de contrôle pacifique mais n'exclut pas le recours à la force.
De leur côté, les États-Unis entretiennent des relations diplomatiques avec Pékin mais pas avec Taipei. Ils sont toutefois le principal pourvoyeur d'armes de l'île, ce qui indispose les autorités chinoises, qui y voient une atteinte à la souveraineté nationale. « L'indépendantisme taïwanais est incompatible avec la paix dans le détroit de Taïwan », qui sépare l'île de la Chine continentale, a encore souligné Xi Jinping devant Donald Trump.
La Chine demande régulièrement aux États-Unis de ne pas soutenir militairement et diplomatiquement les autorités taïwanaises actuelles, issues d'un parti au credo traditionnellement indépendantiste. Pékin a intensifié ses manoeuvres militaires autour de Taïwan depuis 2016 et l'arrivée à la présidence de l'île de Tsai Ing-wen, puis de son successeur Lai Ching-te en 2024, tous les deux catégoriquement opposés aux revendications chinoises.
« Soutien clair et ferme » à l'île démocratique
Pour sa part, le gouvernement de Taïwan a affirmé que les États-Unis, lors de cet entretien, avaient exprimé leur « soutien clair et ferme » à l'île démocratique, au moment où le président américain Donald Trump rencontre à Pékin son homologue chinois Xi Jinping.
« La partie américaine a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien clair et ferme à Taïwan », a déclaré aux journalistes la porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Lee.
Donald Trump et Xi JInping à Pékin le 14 mai 2026. Outre Taïwan, les deux chefs d'État ont échangé leurs vues sur les grandes questions internationales et régionales, notamment la situation au Moyen-Orient, la crise en Ukraine et la péninsule coréenne, ont indiqué les Affaires étrangères chinoises.
Donald Trump et Xi JInping à Pékin le 14 mai 2026. Outre Taïwan, les deux chefs d'État ont échangé leurs vues sur les grandes questions internationales et régionales, notamment la situation au Moyen-Orient, la crise en Ukraine et la péninsule coréenne, ont indiqué les Affaires étrangères chinoises. AFP - BRENDAN SMIALOWSKI
Sur le plan économique, Xi Jinping a promis à un groupe de chefs d'entreprise américains accompagnant Donald Trump que la porte de son pays sur le monde « continuera de s'ouvrir toujours plus grand », selon un média d'État.
« Les entreprises américaines sont profondément impliquées dans la réforme et l'ouverture de la Chine, et les deux parties en tirent des bénéfices. La porte de l'ouverture de la Chine continuera de s'ouvrir toujours plus grand. La Chine se réjouit de voir les Etats-Unis renforcer leur coopération mutuellement bénéfique avec elle, et elle est convaincue que les entreprises américaines auront des perspectives encore meilleures en Chine », a indiqué M. Xi, cité par l'agence Chine nouvelle.
« Les relations entre la Chine et les États-Unis vont être meilleures que jamais »
Au début de la rencontre entre les deux hommes, Donald Trump, qui croit fort dans les relations personnelles entre puissants et affirme sa proximité avec M. Xi, a proclamé son « honneur d'être à (ses) côtés » et « l'honneur d'être (son) ami ».
« Les relations entre la Chine et les États-Unis vont être meilleures que jamais », a-t-il dit. « Nous allons avoir ensemble un avenir fabuleux », a-t-il renchéri. « J'ai un tel respect pour la Chine, pour le travail que vous avez accompli. Vous êtes un grand dirigeant, je le dis à tout le monde. »
Après les premiers entretiens, le président américain a visité le Temple du Ciel, site historique et emblématique de Pékin, inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Lors de cette rencontre au sommet, écrit notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst, chaque image semblait pensée pour envoyer un message politique. Sous les dynasties impériales, les empereurs chinois venaient y prier pour de bonnes récoltes et affirmer leur légitimité à gouverner.
Pour les analystes, le choix de ce lieu n’avait rien d’anodin. Pékin voulait montrer une Chine ancienne, stable et puissante, capable de recevoir les États-Unis d’égal à égal, voire en position de force.
Car, depuis la dernière visite de Donald Trump en 2017, le rapport de forces a changé. Malgré le ralentissement économique chinois, Pékin estime avoir résisté à la guerre commerciale américaine et disposer aujourd’hui de plusieurs leviers : terres rares, marché chinois ou influence diplomatique sur certains dossiers internationaux. Vendredi 15 mai, Xi Jinping partagera le thé puis le déjeuner avec Donald Trump.
Après avoir passé en revue une garde militaire au son d'une salve de canons, puis salué une foule d'enfants portant des fleurs et agitant les drapeaux des deux pays en scandant « bienvenue, bienvenue, chaleureuse bienvenue ! », Xi Jinping et Donald Trump sont rapidement entrés dans le dur des sujets qui fâchent. Outre Taïwan et l'économie, les deux chefs d'État ont discuté du Moyen-Orient, de la guerre en Ukraine et de la situation sur la péninsule coréenne.
Risque de « conflit »
Ainsi, le président chinois a prévenu son homologue américain Donald Trump que la Chine et les États-Unis pourraient entrer en « conflit » si Washington gérait mal la question de Taïwan, a rapporté la télévision d'État CCTV.
Le président chinois a employé un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement « conflit militaire », mais pouvant aussi faire référence à une vive opposition ou à une confrontation diplomatique et politique.
La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas encore réussi à « unifier » avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une prise de contrôle pacifique mais n'exclut pas le recours à la force.
De leur côté, les États-Unis entretiennent des relations diplomatiques avec Pékin mais pas avec Taipei. Ils sont toutefois le principal pourvoyeur d'armes de l'île, ce qui indispose les autorités chinoises, qui y voient une atteinte à la souveraineté nationale. « L'indépendantisme taïwanais est incompatible avec la paix dans le détroit de Taïwan », qui sépare l'île de la Chine continentale, a encore souligné Xi Jinping devant Donald Trump.
La Chine demande régulièrement aux États-Unis de ne pas soutenir militairement et diplomatiquement les autorités taïwanaises actuelles, issues d'un parti au credo traditionnellement indépendantiste. Pékin a intensifié ses manoeuvres militaires autour de Taïwan depuis 2016 et l'arrivée à la présidence de l'île de Tsai Ing-wen, puis de son successeur Lai Ching-te en 2024, tous les deux catégoriquement opposés aux revendications chinoises.
« Soutien clair et ferme » à l'île démocratique
Pour sa part, le gouvernement de Taïwan a affirmé que les États-Unis, lors de cet entretien, avaient exprimé leur « soutien clair et ferme » à l'île démocratique, au moment où le président américain Donald Trump rencontre à Pékin son homologue chinois Xi Jinping.
« La partie américaine a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien clair et ferme à Taïwan », a déclaré aux journalistes la porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Lee.
Donald Trump et Xi JInping à Pékin le 14 mai 2026. Outre Taïwan, les deux chefs d'État ont échangé leurs vues sur les grandes questions internationales et régionales, notamment la situation au Moyen-Orient, la crise en Ukraine et la péninsule coréenne, ont indiqué les Affaires étrangères chinoises.
Donald Trump et Xi JInping à Pékin le 14 mai 2026. Outre Taïwan, les deux chefs d'État ont échangé leurs vues sur les grandes questions internationales et régionales, notamment la situation au Moyen-Orient, la crise en Ukraine et la péninsule coréenne, ont indiqué les Affaires étrangères chinoises. AFP - BRENDAN SMIALOWSKI
Sur le plan économique, Xi Jinping a promis à un groupe de chefs d'entreprise américains accompagnant Donald Trump que la porte de son pays sur le monde « continuera de s'ouvrir toujours plus grand », selon un média d'État.
« Les entreprises américaines sont profondément impliquées dans la réforme et l'ouverture de la Chine, et les deux parties en tirent des bénéfices. La porte de l'ouverture de la Chine continuera de s'ouvrir toujours plus grand. La Chine se réjouit de voir les Etats-Unis renforcer leur coopération mutuellement bénéfique avec elle, et elle est convaincue que les entreprises américaines auront des perspectives encore meilleures en Chine », a indiqué M. Xi, cité par l'agence Chine nouvelle.
« Les relations entre la Chine et les États-Unis vont être meilleures que jamais »
Au début de la rencontre entre les deux hommes, Donald Trump, qui croit fort dans les relations personnelles entre puissants et affirme sa proximité avec M. Xi, a proclamé son « honneur d'être à (ses) côtés » et « l'honneur d'être (son) ami ».
« Les relations entre la Chine et les États-Unis vont être meilleures que jamais », a-t-il dit. « Nous allons avoir ensemble un avenir fabuleux », a-t-il renchéri. « J'ai un tel respect pour la Chine, pour le travail que vous avez accompli. Vous êtes un grand dirigeant, je le dis à tout le monde. »
Après les premiers entretiens, le président américain a visité le Temple du Ciel, site historique et emblématique de Pékin, inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Lors de cette rencontre au sommet, écrit notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst, chaque image semblait pensée pour envoyer un message politique. Sous les dynasties impériales, les empereurs chinois venaient y prier pour de bonnes récoltes et affirmer leur légitimité à gouverner.
Pour les analystes, le choix de ce lieu n’avait rien d’anodin. Pékin voulait montrer une Chine ancienne, stable et puissante, capable de recevoir les États-Unis d’égal à égal, voire en position de force.
Car, depuis la dernière visite de Donald Trump en 2017, le rapport de forces a changé. Malgré le ralentissement économique chinois, Pékin estime avoir résisté à la guerre commerciale américaine et disposer aujourd’hui de plusieurs leviers : terres rares, marché chinois ou influence diplomatique sur certains dossiers internationaux. Vendredi 15 mai, Xi Jinping partagera le thé puis le déjeuner avec Donald Trump.
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