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TRIBUNE: Covid-19, et si les kilifa n’existaient plus (par Mary Teuw Niane)



TRIBUNE: Covid-19, et si les kilifa n’existaient plus (par Mary Teuw Niane)
La semaine du dimanche 18 juillet 2021 au samedi 24 juillet met en évidence une nette augmentation journalière régulière du nombre de malades sous traitement du covid19. Ce nombre passe de 7564 le dimanche à 10417 ce samedi, soit une hausse de 37.71%. Le nombre de cas graves aussi a régulièrement augmenté, sauf le jeudi, passant de 31 le dimanche à 56 ce samedi soit une hausse de 80.64%.

Ces chiffres ne prennent pas en compte les malades qui continuent encore pour de multiples raisons à ne pas se signaler dans les structures de santé. Il est alors facile de comprendre toute la pression qui s’exerce sur notre système de santé public comme privé. Cette semaine, le nombre de décès de malades du covid19, officiellement répertorié s’élève à 56.

Les déplacements des populations de Dakar vers les autres régions du pays et les retours, nous font entrer dans une période, d’une quinzaine de jours, à fort risque d’augmentation des cas communautaires et de dispersion des cas de covid19 à travers le pays. Tous les chiffres indiquent que le département de Dakar est le principal foyer du covid19 du pays.

En dehors des mesures prises qui s’appliquent sur l’étendue du territoire, il est encore surprenant de constater qu’aucune mesure spécifique sur Dakar n’est prise : ni pour endiguer la contamination du reste du pays à partir de Dakar, ni un dépistage systématique par quartier ou commune pour identifier les cas positif au covid19, leurs contacts et assurer leur prise en charge, ni d’autres actions  afin d’étouffer la maladie dans ce département. 

Le covid19 met en lumière plusieurs faiblesses actuelles, sources de grands risques pour l’avenir immédiat, de la société sénégalaise. Il y a un effondrement des leaderships de la société sénégalaise moderne : 
- les politiques, la société civile et les intellectuels ; aucune de ces composantes de la vie civile n’est aujourd’hui capable de porter un projet consensuel accepté par la majorité de la population ;
- le pouvoir politique, les institutions, les administrations, les corps constitués perdent de plus en plus la capacité de prendre des décisions qui relèvent de l’intérêt général ; de plus en plus, les sénégalais ressentent le sentiment que ceux qui doivent prendre des décisions, ont peur d’assumer les conséquences que celles-ci pourraient entrainer.

En fait, ces observations ne sont que le reflet de la disparition, de plus en plus, dans l’espace public sénégalais, du kilifa (chef-patriarche), au sens traditionnel du terme. La société sénégalaise perd son socle de bonnes valeurs traditionnelles ancestrales. Les femmes et les hommes en sont de moins en moins porteurs et lorsque leur choix dans des positions de décisions ne relèvent pas d’une légitimité acceptée, ils préfèreront se faire oublier plutôt que d’agir avec courage pour l’intérêt des populations ou des institutions qu’ils sont sensés diriger. Il en va de même d’ailleurs de beaucoup de chefs de familles dans les milieux urbains.

Le pouvoir religieux dispose encore d’une certaine légitimité. Il est le seul à pouvoir imposer à tous les sénégalais une voie de conduite. Prions Dieu que sa voix pleine de sagesse continue à se faire accepter et respecter.

Cette vague  de covid19, ou cette poussée de covid19 comme disait le Professeur Mame Thierno Dieng, mérite une attention particulière, anticiper est plus que jamais une nécessité.
Respectons les gestes barrières, sensibilisons pour le respect des gestes barrières ! 
Unis et engagés, nous vaincrons.

Salif SAKHANOKHO

Lundi 26 Juillet 2021 - 10:26


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