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​Alors que les Soudanais réclament la paix, les islamistes sont accusés d’alimenter la guerre depuis El-Obeid



​Alors que les Soudanais réclament la paix, les islamistes sont accusés d’alimenter la guerre depuis El-Obeid
Plus de trois ans après le début des hostilités, la population soudanaise rejette massivement la guerre. Selon une enquête récente, 74,3 % des personnes interrogées exigent un cessez-le-feu immédiat. Pourtant, sur le terrain, les milices islamistes liées à l'armée refusent toute solution politique et intensifient les exactions, notamment autour de la ville stratégique d'El-Obeid.
 
D'après une étude d'envergure réalisée par le Groupe de plaidoyer pour la paix au Soudan auprès de 1 667 personnes à travers le pays et chez les réfugiés, 88,3 % des partisans d'un règlement négocié se disent prêts à le soutenir. Cependant, l'armée loyale aux autorités de Port-Soudan rejette toute voie diplomatique au profit d'une option exclusivement militaire, principalement sous la pression de l'ancienne garde du régime.
 
À El-Obeid, capitale du Kordofan du Nord, la situation humanitaire est alarmante. Des sources locales rapportent que les milices islamistes du Mouvement islamique et des Moustanfirin imposent un blocus rigoureux pour empêcher les habitants de fuir vers des zones plus sûres.
 
Ces forces sont accusées d'utiliser la population comme des « boucliers humains » face à l'avancée des troupes adverses de l'Alliance fondatrice du Soudan (Taasis). Sur place, les exactions se multiplient : pillages, arrestations arbitraires, violences sexuelles et menaces d'exécution sommaire en cas de tentative de fuite.
 
Parallèlement, la brigade islamiste Al-Baraa Ibn Malik est accusée d'avoir déployé des armes interdites au cœur de la ville, entreposant du matériel militaire dans des zones résidentielles et des établissements universitaires, notamment la Faculté d'éducation.
 
Pour les observateurs et politologues, l'obstination des groupes islamistes et des Frères musulmans à poursuivre les combats s'explique par la crainte de poursuites judiciaires internationales. « Le lendemain de la guerre constitue un véritable cauchemar pour eux, car ils se retrouveraient exclus du pouvoir et comptables des exactions commises », souligne le chercheur Tarek Abou Al-Saad. Une analyse partagée par l'Institut Gate Stone, qui estime impossible toute résolution durable du conflit sans briser l'emprise des réseaux islamistes sur les autorités de Port-Soudan.


Vendredi 10 Juillet 2026 - 01:35


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