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Crise politique : Aïssata Tall Sall s’explique devant la presse française



Le Sénégal connaît des tensions depuis le décret pris samedi par le président, Macky Sall, reportant l’élection présidentielle prévue le 25 février. Le texte a été confirmé par une loi votée lundi à l’Assemblée nationale repoussant le scrutin à décembre 2024 et maintenant jusque-là le président à son poste. La ministre de Justice, Aïssata Tall Sall s’explique au média français Le Figaro.
 
« Nous n'avons jamais demandé à l'Assemblée de reporter cette élection. Ce n'est pas une initiative de l'exécutif, encore moins du président Macky Sall. Le report est venu d'un groupe de l'opposition qui a estimé que son candidat, Karim Wade, aurait été évincé de façon pas normale par le Conseil constitutionnel. Nous ne commentons pas les décisions du Conseil car nous respectons la séparation des pouvoirs. Mais nous ne pouvons pas non plus nous immiscer dans les demandes que les députés font. Voilà quelle est l'affaire, avec des accusations des uns contre les autres. Voilà comment le président s'est retrouvé sous les tirs croisés de l'Assemblée et du Conseil constitutionnel », a déclaré Aïssata Tall Sall dans un entretien accordé au média français.
 
Interrogé sur le vote des députés de la majorité en faveur de ce report, le Garde des Sceaux indique que l’initiative vient de l’opposition.

« Une partie des députés de notre majorité ont rejoint l'opposition sur ce texte. C'est vrai. Mais pas tous. Au Sénégal comme en France, on ne peut pas dicter la conduite à tenir à un député, même de son propre camp. Mais on préfère retenir la caricature que c'est Macky Sall qui a fait reporter l'élection (...) J'ai été sept ans députée. Je connais les logiques partisanes. Si le président avait demandé de ne pas voter, il prenait un risque car il est en fin de mandat. Il aurait pu avoir un désaveu. Le président ne souhaitait donc pas s'immiscer. Il ne pouvait entrer dans une crise institutionnelle entre le Conseil constitutionnel et l'Assemblée », a poursuivi la ministre.
 
Répondant sur les critiques de la communauté international, Aïssata Tall Sall annonce que le Sénégal est en discussion avec ses partenaires.
 
« Nous sommes en train de parler à ces partenaires importants, de leur expliquer ce que je vous explique. Ce qui a été fait n’entrave en rien les dispositions constitutionnelles, légales du Sénégal. Le Sénégal est une République solide et un État fondé sur la primauté de la loi. Et si nous en dévions, il y a nos cours et nos tribunaux. Le président l’a dit : l’objectif est d’aller à l’élection dans le calme et l’inclusivité », a-t-elle fait savoir.

Moussa Ndongo

Vendredi 9 Février 2024 - 10:35


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