"Les résultats des élections européennes sont pour une fois clairs et nets: il y a deux grands vainqueurs et deux grands vaincus", écrit Gérard Carreyrou dans France-Soir.
"On peut dire que, deux ans après son élection, le sarkozysme se porte bien", estime-t-il.
Le président de la République a reçu un "feu vert" de l'opinion, surenchérit Etienne Mougeotte dans Le Figaro, qui insiste sur le côté atypique, selon lui, du vote de dimanche.
Notant que les élections intermédiaires débouchent très souvent sur un vote-sanction pour le pouvoir en place, il écrit: "Nous vivons la situation exactement inverse puisque l'UMP et le Nouveau Centre réalisent le meilleur score depuis trente ans d'un parti de droite au pouvoir".
Libération, bien qu'à gauche, se montre beau joueur: "Le Président ne perd que deux points par rapport à 2007 alors qu'il doit faire face à une crise économique majeure et que ses promesses de campagne sont loin d'être tenues. La performance est incontestable", reconnaît Laurent Joffrin.
"Le parti de Nicolas Sarkozy voit ses opposants les plus farouches défaits", souligne de son côté Les Echos, qui évoque en outre les succès remportés par le courant conservateur dans la plupart des grands pays européens.
DANY BOOM
Tout en soulignant le succès de Nicolas Sarkozy, l'ensemble des éditoriaux met en exergue la percée des écologistes, incarnés par Daniel Cohn-Bendit.
"Le Dany boom", ose Libération en Une, tandis qu'Etienne Mougeotte décrit "l'enragé de Mai-68, transformé en paisible bobo de l'écologie et de l'Europe" qui a "plumé la volaille socialiste et mis à genoux François Bayrou".
Au-delà de la personnalité de son chef de file, les journaux insistent tous sur l'impact du discours écologiste sur l'opinion.
"Dans toute l'Europe, la préoccupation environnementale s'accroît", analyse Laurent Joffrin, tandis que Rosa Moussaoui, dans l'Humanité, évoque la "percée verte". "La préoccupation écologique s'est imposée comme une priorité dans une importante frange de l'électorat", ajoute-t-elle.
"Une urgence écologique qui a relégué à l'arrière-plan, aux yeux de nombreux citoyens, les options idéologiques d'un Daniel Cohn-Bendit prompt, lors du mandat écoulé, à appuyer certaines directives de libéralisation", rappelle toutefois la journaliste du quotidien communiste.
Le Parisien parle quant à lui d'une "journée noire pour la gauche européenne : "défaite en Allemagne, le pays qui envoie 99 députés à Strasbourg, déroute en Grande-Bretagne ou en Autriche".
"Le revers est cinglant pour une famille politique qui pouvait espérer rebondir avec la montée du chômage et les critiques contre le système capitaliste qu'a suscitées la crise financière et économique depuis l'été dernier", écrit le journal.
La chute du Parti socialiste français est plus particulièrement au centre des commentaires. Joffrin file la métaphore colorée: "Les Verts voient l'avenir en rose, les roses le voient en noir".
Parlant de "débâcle" socialiste, Etienne Mougeotte juge que "Martine Aubry a été incapable de réunir les socialistes , de rénover le Parti, d'élaborer un projet".
Une critique "en partie injuste" aux yeux de Laurent Joffrin, qui évoque le "courage" du Premier secrétaire et esquisse la "voie du salut" pour le PS: "Elle se résume (...) en deux mots: imagination et unité. Nous en sommes loin", conclut-il.
Source : Reuters
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