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Guerre en Ukraine: l'opération d'évacuation des combattants d'Azovstal se poursuit à Marioupol

Au 83e jour de l'invasion russe en Ukraine, ce mardi 17 mai, l'offensive russe dans le Donbass s'intensifiait dans l'Est à Sievierodonetsk, un important centre administratif encore sous le contrôle de Kiev. Plus au sud, à Marioupol, l'opération de sauvetage des soldats encore retranchés dans l'usine Azovstal était toujours en cours, selon Kiev.



► Plus de 260 combattants ukrainiens dont 53 blessés ont été évacués lundi de l'aciérie Azovstal, dernier bastion de résistance ukrainienne à Marioupol, a annoncé une vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Malyar. L'opération de sauvetage se poursuivait mardi matin.
 
► L’offensive russe dans le Donbass s’est intensifiée lundi, et a fait dix morts à Sievierodonetsk, un important centre administratif encore sous le contrôle de Kiev, mais quasiment encerclée par les forces russes.
 
► La Suède va demander son adhésion à l'Otan, annonce officiellement lundi la Première ministre Magdalena Andersson, évoquant une nouvelle « ère » pour le pays scandinave.
 
► Les forces ukrainiennes ont repoussé les troupes russes et ont repris le contrôle d'une partie de la frontière avec la Russie dans la région de Kharkiv (nord-est), ont annoncé ce lundi les autorités ukrainiennes.
 
Retour triomphal à Kiev pour l'un des membres du Kalush Orchestra après sa victoire à l'Eurovision
Une voie de chemin de fer endommagée dans la région de Lviv
 
Une attaque a touché cette nuit la région de Lviv, à l'ouest de l'Ukraine, selon le gouverneur local, Maksym Koytsky, et le maire de Lviv, Andriy Sadovyi. La voie de chemin de fer a été touchée dans le district de Yavoriv, à une vingtaine de kilomètres de la frontière polonaise. 
 
Négociations sans fin sur l’embargo pétrolier
 
La Commission européenne a proposé aux Vingt-Sept un sixième paquet de sanctions depuis quinze jours, mais il n’a toujours pas pu être adopté car il pose un véritable problème d’approvisionnement à plusieurs pays d’Europe centrale et orientale. Pour compenser, des réunions techniques ont lieu avec les opérateurs gaziers et pétroliers et avec les raffineurs mais il y a par exemple un vrai problème de transport car il y a un manque d’oléoducs. Réunis à Bruxelles, les 27 ministres des Affaires étrangères ont évoqué la question sans arriver à s’entendre, à l'image de la grande fureur de certains comme le ministre lituanien qui est allé jusqu’à proposer que l’Ukraine coupe le robinet à la Hongrie puisque l’oléoduc russe transite par son territoire.
 
La Hongrie réclame des garanties d’approvisionnement à l’instar de la République tchèque, de la Bulgarie et de la Slovaquie, mais c’est Budapest qui est rendue responsable du blocage actuel par les plus fervents partisans de l’embargo pétrolier au sein de l’UE, rappelle notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet. Les Vingt-Sept ministres des Affaires étrangères ont reçu leur homologue ukrainien Dmytro Kuleba et selon lui aussi, la Hongrie est seule à bloquer. « Aussi longtemps que la Russie exporte son pétrole et son gaz ainsi que d’autres matières premières comme du minerai de fer, elle aura de l’argent pour continuer la guerre, explique-t-il. Pour arrêter la machine de guerre russe, il faut priver Poutine d’argent car c’est la seule chose qui l’intéresse : le pouvoir et l’argent. Le temps commence à manquer car tous les jours la Russie gagne de l’argent et à investir cet argent dans la guerre. Mais il ne me revient pas de m’engager dans une bataille rhétorique avec la Hongrie, c’est une question que l’Union européenne doit régler car c’est leur problème de famille. »
 
Il faut bien dire que cette question de l’embargo est la seule à bloquer encore ce sixième paquet de sanctions puisque tout le reste a été approuvé, c’est-à-dire les sanctions personnelles par exemple. Et selon Dmytro Kuleba, les 27 lui ont promis de préparer un septième paquet de sanctions dès que le sixième sera adopté.
 
Les analystes militaires russes de plus en plus « sceptiques»
 
Les blogueurs militaires russes de plus en plus « sceptiques » concernant l'offensive russe, rejoignant les analyses occidentales, pointe l'Institute for the study of war (ISW) dans son analyse quotidienne. Le think tank américain cite notamment Igor Strelkov, cet ancien soldat russe, acteur majeur de la guerre du Donbass en 2014 avant de devenir ministre de la défense de la « république » populaire de Donetsk, selon lequel l'offensive russe pour prendre le Donbass a « finalement échoué » et « aucune grande colonie n'a été libérée ».
 
« Le désenchantement persistant des blogueurs militaires pro-russes à l'égard de l'effort de guerre russe pourrait alimenter le mécontentement en Russie même, en particulier si Moscou continue à faire pression sur les efforts de recrutement et de conscription qui envoient de la chair à canon mal entraînée sur les lignes de front », estime l'ISW.
 
Autre élément intéressant pointé par le rapport de l'ISW : les frictions entre les administrateurs russes et les collaborateurs pro-russes locaux sont croissantes dans les zones occupées d'Ukraine, en raison de « conflits de pouvoir entre personnes ». Exemple à Zaporjjia, dans le sud du pays, où un collaborateur ukrainien a accusé le gouverneur de la région, installé par les Russes, d'avoir volé sa compensation de 10 000 roubles (environ 150 euros). « Un tel mécontentement parmi les éléments d'occupation suggère un manque général de planification de la part des autorités russes dans les zones occupées », a déclaré l'ISW.
 
Dans la région de Tchernihiv, 80% des dégâts concernent des bâtiments résidentiels
 
« Dans la région de Tchernihiv, au nord de Kiev, on estime qu'environ 3 500 bâtiments ont été détruits ou endommagés lors de l'offensive avortée de la Russie vers la capitale ukrainienne. 80% des dégâts concernent des bâtiments résidentiels », indique le ministère de la Défense dans son rapport quotidien sur la situation en Ukraine.
 
« L'ampleur de ces dégâts montre que la Russie est prête à utiliser l'artillerie contre des zones habitées », poursuit-il. « La Russie a probablement eu de plus en plus recours à des bombardements d'artillerie aveugles en raison de sa capacité limitée d'acquisition de cibles et de son refus de prendre le risque de faire voler des avions de combat au-delà de sa propre ligne de front. Dans les semaines à venir, la Russie devrait continuer à s'appuyer fortement sur des frappes d'artillerie massives » dans le Donbass, préviennent les renseignements.
 
À Kharkiv, en partie reprise, la situation reste difficile pour les habitants
 

Les autorités ukrainiennes s'attendent désormais à ce que les unités désengagées de la région de Kharkiv aillent renforcer les troupes russes dans le Donbass, où elles ne progressent que laborieusement, selon Oleksiï Arestovytch, un conseiller de la présidence ukrainienne.
 
Le président finlandais attendu en Suède après l'annonce des deux pays de rejoindre l'Otan
 
La Finlande et la Suède ont annoncé leur volonté de rejoindre l’Otan ensemble. C’est cette unité qu’ils vont encore afficher ce mardi et mercredi avec la visite d’État que le président finlandais fait en Suède. Une visite prévue de longue date, mais qui prend une toute autre importance depuis l’annonce historique faite pas les deux pays, souligne notre correspondant à Stockholm, Frédéric Faux.
 
Le président finlandais Sauli Niinistö va passer deux jours dans la capitale suédoise. Nul doute que son discours, consacré à vanter les mérites d’une « région nordique responsable, stable et forte », sera scruté. Ainsi que sa visite à la base navale de Berga, ou au MSB, l’agence suédoise de sécurité civile.  La Suède et la Finlande veulent afficher une union sans faille, entre eux, mais aussi au sein même de leurs pays. En Finlande, 76% de la population veut entrer dans l'Alliance atlantique. En Suède, le consensus est moins flagrant. Alors que la Première ministre Magdalena Andersson a choisi d’afficher cette unité d’une autre façon, en tenant lundi une conférence de presse commune avec le chef de l’opposition de droite, ce qui ne s’est jamais vu depuis les années 1990.
 
Les deux pays veulent faire bloc face à un Vladimir Poutine qui a déclaré ne pas voir de « menace immédiate » dans leur adhésion à l’Otan. En ajoutant cependant que tout déploiement militaire entraînerait une réponse immédiate de la Russie. La Russie avait notamment expliqué son attaque en Ukraine par le rapprochement de son voisin occidental avec l'Otan, estimant que cela constituait une menace « existentielle » pour sa sécurité.
 
04h45 : Dans l'Est, Sievierodonetsk quasiment encerclé par les forces russes
 
Dans l'est de l'Ukraine, où les combats s'intensifient, « au moins dix personnes ont été tuées » dans des bombardements russes à Sievierodonetsk, une ville devenue importante pour les Ukrainiens depuis que des forces séparatistes soutenues par Moscou se sont emparées d'une partie du Donbass en 2014, a annoncé lundi le gouverneur de la région.
 
Dans un précédent message sur Telegram lundi, Serhiy Gaïdaï avait fait état de frappes d'artillerie sur Sievierodonetsk et sur sa ville jumelle de Lyssytchansk, ayant provoqué des incendies dans des quartiers d'habitation. « Sievierodonetsk a subi des frappes très puissantes », a-t-il ajouté, accompagnant son message de photographies des destructions.
 
Malgré les appels des autorités ukrainiennes à évacuer Lyssytchansk, qui n'est séparée de Severodonetsk que par un cours d'eau, le Seversky Donets, et qui est régulièrement bombardée, plus de 20 000 civils – contre 100 000 habitants avant la guerre – sont restés, selon des volontaires qui distribuent de l'aide dans la région.
 
Les combattants d'Azovstal ont « rempli leur mission de combat »
 
Une opération de sauvetage des combattants ukrainiens de l'immense aciérie Azovstal, ultime poche de résistance face à l'armée russe dans le port stratégique de Marioupol, était en cours mardi selon Kiev, qui considère désormais que ces hommes ont « rempli » leur mission. Les soldats de la garnison stationnée à Azovstal, dont plus de 260 ont déjà été évacués lundi, ont « rempli leur mission de combat », a salué l'état-major de l'armée ukrainienne dans un communiqué, et ordre a été donné à leurs commandants de « sauver la vie » de ceux qui restent. « Malheureusement, aujourd'hui, l'Ukraine ne peut pas débloquer Azovstal par des moyens militaires », a expliqué de son côté le ministère de la défense ukrainien sur Telegram.
 
Les autorités ukrainiennes avaient affirmé la semaine dernière que plus de 1 000 soldats ukrainiens, dont 600 blessés, se trouvaient dans ce complexe industriel, véritable « ville dans la ville » avec ses kilomètres de galeries souterraines. Ils s'y étaient retranchés après avoir subi pendant plus d'un mois le siège de Marioupol, attaquée par l'armée russe dès le début de la guerre, déclenchée le 24 février, et aujourd'hui totalement ravagée. Cette ville, au bord de la mer d'Azov, est stratégiquement située entre la Crimée annexée par Moscou en 2014 et la région minière du Donbass où se trouvent deux « républiques » séparatistes pro-russes et où la Russie intensifie actuellement son offensive.
 
Quelque « 53 blessés graves ont été évacués d'Azovstal vers Novoazovsk pour assistance médicale et 211 autres ont été transportés à Olenivka par un couloir humanitaire », a annoncé la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Malyar, lundi soir dans une vidéo. Ces deux localités sont situées en territoire contrôlé par les forces russes et prorusses dans l'est de l'Ukraine, mais les combattants devaient être rapatriés en territoire contrôlé par l'Ukraine « dans le cadre d'une procédure d'échange », a-t-elle précisé.
 
L'état-major ukrainien a confirmé l'évacuation de ces 264 soldats et indiqué dans la nuit de lundi à mardi que « l'opération de sauvetage des défenseurs de l'Ukraine bloqués » sur le site d'Azovstal « se poursuit », sans préciser leur nombre. Leur résistance acharnée a notamment empêché la prise rapide par l'armée russe de la grande ville ukrainienne de Zaporijjia, 200 km à l'ouest, selon l'état-major. Le ministère russe de la Défense avait annoncé lundi avoir instauré un cessez-le-feu autour d'Azovstal, pour permettre l'évacuation des soldats ukrainiens blessés.
 

RFI

Mardi 17 Mai 2022 - 09:26


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