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Imbroglio autour d’arrestations lors d’une opération contre ETA



Imbroglio autour d’arrestations lors d’une opération contre ETA
La confusion régnait, dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 décembre, après l’opération menée par les forces de police françaises et espagnoles contre l’organisation clandestine et séparatiste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA) à Louhossoa, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Des sources proches du dossier, citées par les agences de presse, mentionnaient la présence du président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Michel Tubiana, parmi les cinq personnes interpellées. Mais, joint au téléphone par Le Monde dans la nuit, l’avocat a expliqué qu’il n’était pas présent sur les lieux lors de l’intervention. « J’aurais dû y être », a-t-il cependant déclaré. M. Tubiana devait participer à ce qu’il décrit comme « une démarche volontaire d’ETA de se désarmer ». Les armes devaient être « neutralisées », avant d’être « remises ultérieurement aux autorités françaises ».

On ignore à ce stade l’identité précise des personnes interpellées, alors que certaines sources affirment qu’il s’agit du dirigeant du mouvement écologiste Bizi !, Jean-Noël Etcheverry dit « Txetx », de l’ancien président de la chambre d’agriculture du Pays basque, Michel Berhocoirigoin, d’un coopérateur viticole dans l’appellation basque Irouléguy, Michel Bergougnan, et de la journaliste Béatrice Haran-Molle. M. Tubiana, de son côté, a simplement expliqué que parmi les individus arrêtés figuraient « deux membres de la société civile » également engagés dans le processus de paix.

Pour le ministre de l’intérieur, Bruno Le Roux, qui a publié un communiqué dans la nuit, l’interpellation des cinq personnes est « un nouveau coup dur porté à ETA ». Michel Tubiana considère au contraire que, « si les autorités étaient informées, elles ne pouvaient ignorer que la démarche était celle d’une neutralisation [des armes] ».

Saisie d’armes et de munitions
L’opération policière, sur commission rogatoire du parquet antiterroriste à Paris, a été menée par des enquêteurs de la police française, notamment de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et des policiers de l’unité d’élite du RAID, assistés de policiers de la guardia civil espagnole.

Les interpellations se sont déroulées dans une maison isolée de la bourgade de Louhossoa, sur la route de Bayonne, à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les Pyrénées-Atlantiques. Au cours d’une perquisition, « une importante saisie d’armes, d’explosifs et de munitions » a été réalisée, détaille le ministère français de l’intérieur. Paris et Madrid se sont félicités de l’arrestation « d’individus en relation avec l’organisation terroriste ETA ».

Michel Tubiana voit dans les interpellations de ce vendredi « la volonté des gouvernements français et espagnol de transformer une démarche volontaire en une prise ». « C’est une opération de communication », dénonce-t-il. Il ajoute que plusieurs tentatives ont été faites pour demander aux autorités françaises de déterminer les conditions matérielles dans lesquelles la totalité de l’arsenal du groupe pouvait être « neutralisée et remise ». Tentatives restées sans suite, selon lui.

«Processus de désarmement»
Peu après l’annonce de l’opération, les milieux nationalistes basques avaient eux aussi donné cette version des faits. Le site Mediabask, proche du quotidien basque espagnol Gara, qui exprime parfois les positions d’ETA, publiait une lettre que lui ont adressée Michel Tubiana, Txetx et Michel Berhocoirigoin.

Dans ce courrier, ils assurent avoir décidé « d’enclencher le processus de désarmement de l’organisation et procéder à la destruction d’un premier stock d’armes », qui correspond, disent-ils, « à environ 15 % de l’arsenal » du groupe. Tous trois justifient leur action par leur volonté de « contribuer à un avenir sans violence et démocratique pour le Pays basque ». Ils précisent n’avoir « aucun lien ni subordination » avec ETA. En juin 2015, la LDH avait ainsi coorganisé une conférence humanitaire pour la paix au Pays basque, à l’Assemblée nationale.

Plusieurs mouvements nationalistes considèrent que « les polices française et espagnole ont empêché la destruction des armes » et appellent à une riposte dans une manifestation prévue samedi à 16 heures à Bayonne.

Campagne d’attentats
Le 12 octobre, une importante cache d’armes d’ETA avait été découverte en forêt de Compiègne, dans l’Oise. Le 5 novembre, un des derniers chefs d’ETA encore dans la clandestinité, Mikel Irastorza, a été arrêté à Ascain, près de Saint-Jean-de-Luz, puis mis en examen et écroué à Paris. Le 14 décembre, un autre militant basque espagnol a été interpellé à Marseille. Là encore, il s’agissait d’opérations conjointes des polices française et espagnole.

Au nom de sa lutte pour l’indépendance du Pays basque et de la Navarre, ETA – qui signifie Pays basque et liberté – a mené une campagne d’attentats qui a causé la mort de 829 personnes, selon Paris et Madrid. Les années 1980 ont été les plus sanglantes.
En octobre 2011, l’organisation a renoncé définitivement à la violence.

Indépendamment de son désarmement, qui est processus « unilatéral et volontaire », rappelle Michel Tubiana, ETA souhaiterait négocier avec les Etats espagnol et français le sort de ses quelque 400 membres détenus dans ces deux pays. Les autorités refusent et exigent la dissolution de l’organisation.

lemonde.fr

Samedi 17 Décembre 2016 - 09:59


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