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Le Rwanda menace de retirer son soutien à la lutte anti-jihadiste au Mozambique

Le Rwanda a averti samedi 14 mars que, faute de garanties de financements, il retirera ses troupes aidant à la lutte anti-jihadiste dans le nord du Mozambique, où le géant français TotalEnergies a récemment annoncé la reprise d'un vaste projet critiqué de gaz naturel liquéfié.



Le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, a déclaré que le « Rwanda retirera ses troupes du Mozambique si un financement durable n’est pas garanti pour ses opérations antiterroristes à Cabo Delgado ». Il a réagi à des publications évoquant l’expiration prochaine d’un financement européen.
 
 
Le gouvernement rwandais avait indiqué que la « Facilité européenne pour la paix » avait déboursé environ 20 millions d’euros pour ce déploiement, mais que le coût pour le Rwanda était « au moins 10 fois supérieur ».
 
 
« Nous n'avons pas dépensé des centaines de millions de dollars et nos soldats des RDF n'ont pas fait le sacrifice ultime pour stabiliser cette région, permettre aux personnes déplacées de rentrer chez elles, aux enfants de retourner à l'école, aux entreprises de rouvrir et aux investissements colossaux dans le GNL de reprendre, pour ensuite voir nos vaillants soldats constamment remis en question, diffamés, critiqués, blâmés ou sanctionnés par les pays mêmes qui profitent grandement de notre intervention au Mozambique », a écrit sur X le ministre rwandais des Affaires étrangères. « Nous sommes prêts à quitter le Mozambique si notre travail et nos réussites ne sont pas reconnus à leur juste valeur », a ajouté le ministre.
 
 
Les États-Unis ont récemment annoncé des sanctions contre l’armée rwandaise pour son soutien présumé au groupe armé M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. L’Union européenne avait également sanctionné des chefs militaires rwandais l’année dernière.
 
 
Le Rwanda a déployé depuis 2021 environ 1 000 militaires et policiers dans la province du  Cabo Delgado, au nord du Mozambique, pour lutter contre une insurrection affiliée à l’État islamique depuis 2017. Cette région abrite d’énormes réserves de gaz exploitées par des multinationales, dont TotalEnergies, ENI ou ExxonMobil.
 
 
Le conflit au Cabo Delgado, qui déchire la région depuis 2017, a fait au moins 6 400 morts, selon l’ONG « Acled ». TotalEnergies a annoncé fin janvier la reprise d’un projet gazier de 20 milliards de dollars (16,7 milliards d’euros), gelé après une attaque jihadiste en mars 2021 contre la ville de Palma (environ 800 morts, selon Acled). Ce projet, présenté comme « le plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques en Afrique », vise un début de production en 2029.

RFI

Dimanche 15 Mars 2026 - 01:29


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