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Violences policières: les forces de l'ordre en colère contre Christophe Castaner

Le rappel à l’ordre de Christophe Castaner concernant le racisme dans la police est mal passé du côté des syndicats de policiers. Le ministre de l'Intérieur les a reçus deux jours durant, mais leur colère ne retombe pas.



Des policiers en colère après les annonces de Christophe Castaner défilent sur les Champs-Elysées le 12 juin 2020. REUTERS/Gonzalo Fuentes
Des policiers en colère après les annonces de Christophe Castaner défilent sur les Champs-Elysées le 12 juin 2020. REUTERS/Gonzalo Fuentes
Les syndicats de policiers ont appelé à différentes manifestations ce week-end. Depuis jeudi, ils multiplient les actions. Descente des Champs-Elysées ce vendredi 12 juin au matin ou encore jet de menottes à terre, un geste symbolique qui semble avoir marqué les esprits du côté du ministère de l’Intérieur.

Les syndicats de police dénoncent « ce climat de soupçon » qui pèse sur leur profession. Ils ont l’impression d’avoir été lâchés par Christophe Castaner notamment sur la question des violences policières. Ils menacent de faire grève et de cesser toutes interpellations.

Christophe Castaner a reconnu une maladresse de langage quand il a demandé, en cas de « soupçon avéré » de racisme, une suspension du fonctionnaire concerné. Pour le ministre, cette suspension conservatoire ne peut intervenir qu'en cas de faits avérés.

Le recours à l'étranglement interdit
Les appels à la démission de Christophe Castaner se multiplient également chez les opposants politiques. Marine Le Pen a fustigé « l'abandon récurrent » des policiers. Eric Ciotti des Républicains estime quant à lui qu’il existe une « rupture totale » entre le ministre et la police.

Mais malgré la colère des forces de l'ordre, le ministre de l’Intérieur persiste et signe ce vendredi. Les policiers n’auront plus le droit de recourir à l’étranglement pour immobiliser un suspect. Pour expliquer sa décision, il avance que cette technique « a été jugée dangereuse par les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales ». En conséquence de quoi, il est annoncé qu’elle « ne sera plus enseignée dans les écoles de police sachant qu’elle ne l'est déjà plus en gendarmerie ou dans les rangs de l'administration pénitentiaire ».

Castaner sous pression
Reste la question de savoir comment immobiliser un individu récalcitrant. Le gouvernement annonce « qu'un groupe de travail sera chargé d'ici le 1er septembre de déterminer les techniques et moyens matériels de substitution, auxquels les fonctionnaires seront alors formés ». Un test du pistolet à impulsion électrique de dernière génération (appelé aussi tazer) va être menée alors que sa généralisation n'a pas été demandée par les syndicats. Des syndicats très remontés que le ministre a reçu ce vendredi et qui espéraient qu’il revienne sur son annonce de lundi dernier. Tout au plus, Christophe Castaner admet que « dans les cas de confrontations physiques avec des individus qui opposent une résistance, reste la possibilité de réaliser une prise arrière de façon à amener l'individu au sol pour le menotter ». Pas sûr néanmoins que cela suffise à calmer les syndicats.

Le ministre de l'Intérieur est donc sous pression. Cette colère des policiers intervient d'ailleurs alors même que de nombreuses manifestations contre les violences policières sont prévus ce samedi partout en France. Les autorités prévoient notamment à un large rassemblement à Paris. Entre 10 000 et 20 000 manifestants sont attendus 14h30 sur la place de la République, à en croire la préfecture de police de Paris.

Rassemblements dans toute la France
Dans un communiqué, le préfet de police Didier Lallement a rappelé que les rassemblements de plus de 10 personnes n’étaient pas autorisés, et a invité les commerçants se trouvant sur le parcours de la manifestation à fermer pour la durée de l’après-midi. Pour autant, les rassemblements sont tolérés, avait indiqué le ministre de l’Intérieur lors de son allocution au début de semaine. Christophe Castaner avait alors tenté de répondre aux demandes des manifestants en déclarant qu’il était nécessaire d’appliquer une tolérance zéro vis-à-vis du racisme dans la police.

Le comité pour Adama Traoré, qui avait déjà rassemblé 20 000 manifestants devant le tribunal de Paris le 2 juin, appelle de son côté « toutes les villes de France à venir manifester avec eux pour exiger vérité et justice pour Adama et toutes les victimes de la police ou de la gendarmerie ». D'autres rassemblements sont attendus, notamment à Marseille, au départ du Vieux-Port, à Lyon place Bellecour, à Montpellier, à Nantes ainsi qu’à Strasbourg ce dimanche.

Rfi

Samedi 13 Juin 2020 - 08:56



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