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Les inquiétantes mutations africaines d'al-Qaida

De Casablanca au Cap, la nébuleuse terroriste islamiste a gagné en influence dans toute l'Afrique où se tissent des liens entre groupuscules issus de divers pays et aux objectifs politiques globaux.


Oussama Ben Laden est mort, mais al-Qaida («La base», en arabe) demeure, jouissant d’une présence diffuse mais bien réelle, du nord au sud de l’Afrique. La nébuleuse terroriste n’a pas seulement revendiqué des attentats sanglants à Nairobi, Dar es-Salaam, Casablanca ou Kampala. Elle est à l’oeuvre dans les étendues désertiques du Sahel, où elle s’est spécialisée dans la prise d’otages occidentaux, et jusque dans les townships métis du Cap, où elle disposerait de relais sûrs, entre autres pour son financement.

Les attentats simultanés du 7 août 1998 contre des ambassades américaines à Nairobi (Kenya) et Dar es Salaam (Tanzanie), faisant 227 morts, sont restés dans les annales. Ils figurent parmi les plus grandes attaques revendiquées par al-Qaida avant le 11 septembre. Le 28 novembre 2002, c’est un hôtel de Mombasa (Kenya) détenu par des intérêts israéliens qui est frappé, 18 personnes y trouvant la mort. Le 16 mai 2003, plusieurs attentats à Casablanca (Maroc) font 45 morts dans un hôtel pour touristes, le bâtiment de l’alliance israélite, le cimetière juif et le consulat de Belgique.

Des groupuscules panafricains

Plus récemment, un double attentat est revendiqué à Kampala (Ouganda) par les milices shebab («jeunesse» en arabe) de Somalie, inféodées depuis fin 2009 à al-Qaida. Le 11 juillet 2010, au moins 74 personnes trouvent la mort dans deux lieux publics de la capitale ougandaise diffusant la finale de la Coupe du monde de football. Regarder du sport à la télévision ou écouter de la musique est considéré comme une activité impie par les intégristes de Mogadiscio (Somalie), où l’on ne compte plus les attentats suicides commis par les shebab, qui veulent faire appliquer la charia et contrôlent la partie sud du pays.

L’attentat de Kampala, mené par les shebab avec six complices non somaliens, trois Ougandais et trois Kényans, est un signe patent de la transnationalisation, à l’intérieur de l’Afrique, des groupuscules qui opéraient jusqu’à présent à un niveau local, sans sortir des frontières de leur pays respectif.

Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) représente un autre exemple du caractère de plus en plus panafricain des groupuscules qui prêtent allégeance à al-Qaida. Un label politique qui ne peut pas, selon les spécialistes, être repris sans l’accord explicite de Ben Laden ou de la hiérarchie d’al-Qaida. Basés en Algérie, les djihadistes de l’ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat (Gspc) se sont rebaptisés Aqmi le 25 janvier 2007. Cette franchise algérienne d’al-Qaida a d’abord revendiqué des attentats sanglants à Alger, avec pour cibles successives, en 2007, le siège du gouvernement, celui du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), un cortège du président Bouteflika et le Conseil constitutionnel, pour un bilan dépassant la centaine de morts.

Des objectifs de plus en plus politiques

Aqmi, un groupe aujourd’hui fort de 500 hommes, infiltré par les services secrets de plusieurs pays, dont la Mauritanie et l’Algérie, se renforce à chaque nouvelle rançon versée pour la libération d’otages occidentaux. Des sommes estimées à 60 millions d’euros, un véritable pactole dans le désert. Aqmi, mené par des émirs algériens qui furent contrebandiers avant de verser dans l’islamisme, a dépassé depuis longtemps le stade du grand banditisme. Un Britannique, Edwin Dyer et trois Français, Michel Germaneau, Antoine de Léocour et Vincent Delory sont morts entre ses mains. Les sources divergent sur les liens d’Aqmi avec des instructeurs afghans, indonésiens ou pakistanais. Seule certitude, selon Jean-Christophe Rufin, ancien ambassadeur de France au Sénégal et auteur du roman Katiba: les objectifs du groupuscule sont de plus en plus politiques. Les dernières revendications, en échange des otages français enlevés à Arlit, au Niger, portent en effet sur le retrait des troupes françaises d’Afghanistan et une marche arrière sur les lois sur la burka en France. Et Aqmi a renvoyé les négociateurs français à Oussama Ben Laden en personne, compliquant du coup des tractations jusqu’alors ancrées au nord Mali, impliquant des intermédaires touaregs.

De son côté, l’universitaire français Mathieu Guidère, auteur de plusieurs ouvrages sur Aqmi, souligne depuis 2008 la «tentation internationale» du réseau terroriste implanté dans le Sahel, désormais doté d’une visée globale. La menace paraît d’autant plus sérieuse que les membres d’Aqmi, qui recrutent pour le tiers environ parmi de très jeunes Mauritaniens (âgés de 15 à 20 ans), ont été rejoints fin 2009 par les islamistes du nord Nigéria. De source diplomatique, une cinquantaine de combattants de Boko Haram («L’éducation occidentale est un péché» en haoussa), une secte intégriste fondée en 2004 dans la ville nigérianne de Maiduguri, suivaient début 2010 un entraînement au nord Mali.

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